Patrick MATON
Publié le 5 mars 2009
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Comparativement au Qi Gong dont le terme est apparu en 1949, le mot Daoyin est lui attesté depuis plus de 3000 ans. Le « Daoyin Tu » - une bannière en soie datant de 168 av. J.-C. découvert à Mawangdui (Hunan) en 1973 - décrit même avec précision et par des illustrations une quarantaine d'exercices de santé pratiqués sous la dynastie Han (206 av. J.-C. à 220 ap. J.-C.).
La gymnastique Daoyin dans la Chine ancienne
Précurseur des actuels Qi Gong, le Daoyin ou "Taoyin Qi Gong", aussi appelé "gymnastique taoïste" ou "gymnastique du Tao", le Daoyin est attesté en Chine depuis l'antiquité comme moyen thérapeutique et/ou comme technique d'entretien du principe vital (yangsheng), voire de longévité. Pour cette période, cette pratique nous est mieux connue depuis quelques décennies, grâce à la découverte des documents archéologiques exhumés de Mawangdui (Hunan), Zhangjiashan (Hubei), Shuihudi (Hubei), qui viennent s'ajouter aux mentions éparses du Daoyin dans la littérature des lettrés comme dans la littérature spécialisée médicale et taoïste.
Origine chamanique
Plusieurs éléments laissent percevoir une origine chamanique du Daoyin, notamment les similitudes avec les danses anciennes, l'importance du thème animalier, et les fonctions du déplacement du corps dans l'espace. Les postures du corps avaient une fonction apotropaïque et protégeaient des mauvaises influences extérieures ; elles permettaient aussi d'attirer, pour les expulser, les mauvaises influences qui avaient pénétré le corps.
La Bannière de Mawangdui
À côté de chaque dessin de la bannière de Mawangdui, se trouve une inscription. Une trentaine d'entre eux sont encore lisibles. Ils font référence soit à l'indication thérapeutique du mouvement (troubles du système locomoteur et du système digestif essentiellement, maladie génitale, surdité, douleurs du genou, maladie épidémique), soit à la ressemblance de la posture avec un animal : le loup, l'ours, le singe, la grue, le dragon, le faucon, animaux bien connus de la mythologie que taoïstes et adeptes de la longévité ont toujours cherché à imiter.
Ci-dessous quelques mouvements d'animaux extraits de la bannière de Mawangdui.
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| Le cerf |
Le coq |
L'hirondelle |
Le loup |
Le dragon |
L'aigle |
Ces techniques gymniques ont été adoptées par des moines bouddhistes et ont été intégrées par les médecins à d'autres techniques thérapeutiques ; elles ont été pratiquées par les adeptes du Dao (Tao) ou par ceux qui se réclamaient de la tradition des immortels (xian) tels que Chisongzi, Pengzu ou Wang Ziqiao, en complément de techniques respiratoires, de régimes diététiques et de pratiques "alchimiques" sexuelles.
Le Daoyin, gymnastique taoïste
Le terme Daoyin est composé de deux sinogrammes:
Dao : "conduire, diriger" la concentration le long des méridiens (voies de circulation de l'énergie et du sang), un point ou une région particulière du corps; la concentration demeure fluide et légère comme un fil de soie et
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Yin : étymologiquement "tirer à soi la corde d'un arc", soit étendre et replier le corps énergétique pour rendre le corps plus souple et faire disparaître les tensions internes (physiques et psychiques).
La gymnastique Daoyin est particulièrement liée la conception taoïste de l'équilibre du Yin et du Yang et sa pratique évolue au rythme des cinq mouvements de l'énergie dans la Nature (Wu Xing), des saisons et, ce, en relation directe avec les organes vitaux correspondants. Ce qui en fait un véritable art de vivre et aussi une voie d'épanouissement personnel dans le respect des lois de la Nature...
Les exercices de Daoyin sont aussi effectués dans l'esprit du wu-wei, un principe d'action basé sur la spontanéité et le lâcher-prise permettant de laisser l'énergie induire naturellement le mouvement. Le wu-wei est aussi une attitude d'éveil qui permet d'être présent - Ici et maintenant - et de s'ouvrir à ce qui vient, en laissant faire ce qui a la potentialité de se manifester.
L'exécution régulière de cette gymnastique taoïste, complétée par des automassages taoïstes, dynamise et harmonise la circulation d'énergie dans le corps via les méridiens (voie de circulation de l'énergie). Le travail "interne" (nei gong) ainsi réalisé développe progressivement :
- le contrôle du corps, de la respiration et des intentions mentales,
- la sensibilité aux mouvements internes de l'énergie,
- la sensation d'unité intérieure (corps-esprit),
- l'esprit d'éveil et la présence à l'instant (l'ici et maintenant")
- la conscience de notre unité avec le grand Tout, le Dao.
- la sérénité et une meilleure santé,...
Techniques enseignées
- Les mouvements de la bannière de Mawangdui,
- Les six sons de guérison,
- Techniques d'acupression et automassages taoïstes,
- Méditations taoïstes et bouddhistes,
- Techniques d'absoption des souffles purs de l'univers.