confuciusConfucius, dit-on, vit le jour le 28 septembre 551 avant notre ère, à Zou, non loin de la ville de Qufu, pays de Lu, actuelle province de Shandong1.  Sa mère, Zheng Zai est allée prier sur le mont Qiu et pour cette raison, elle l'appela Qiu. Les historiens chinois, depuis deux mille ans, parlent de ce temps très ancien comme étant celui des « Printemps et des automnes ». Ils font ainsi référence à une chronique racontant ce qui advint, entre 771 et 481 avant J.-C. précisément dans cette région que l'on nommait alors le pays de Lu.

Selon la tradition, son père, Shu Liang He était le descendant de Yi Yin premier ministre de Cheng Tang fondateur de la dynastie Shang. Il gouverna la principauté de Lu (dans le sud-est de l’actuelle Shandong). A 65 ans, ce dernier épousa en secondes noces, une fille de 15 ans (Zheng Zai). Il mourut alors que Confucius n’avait que trois ans, laissant sa famille dans la pauvreté. Dès l’âge de dix-sept ans, grâce à un goût précoce pour les livres et les rites, Confucius serait devenu précepteur. Il se maria à dix-neuf ans et à vingt ans il eut son premier fils. Il a eu trois enfants (un fils, Kong Li, et deux filles). Pour vivre, il effectuait probablement des tâches administratives pour le chef de province. La légende veut qu’il aurait rencontré Lao Zi (Lao Tseu) en allant consulter des annales, et qu’il en aurait été si fortement impressionné, qu’il n’aurait plus parlé pendant trois jours ou un mois.

Après la mort de sa mère en -527, il enseigna sa connaissance des textes anciens au petit groupe de disciples qui le suivait. Après quelques emplois subalternes à la cour de son prince, il devint alors le Grand Ministre de la Justice de Lu. Ensuite survint l'incident des danseuses, que Confucius déplora longtemps après avoir quitté son prince. En raison de cet incident, il décida de quitter son poste de Ministre et en -496 partit pour quatorze années d’errance, à la recherche d’un souverain capable de l’écouter. Il rentra définitivement à Lu pour se consacrer jusqu’à sa mort, le 11 mai -479, à l’enseignement et à la compilation de textes anciens.

Sa pensée

Il est possible de comprendre les enjeux et la teneur de la pensée de Confucius en lisant les Entretiens, livre dans lequel on voit le Maître vivre et discuter des problèmes de son temps avec ses disciples.
Bien qu’il n’ait jamais développé sa pensée de façon théorique, on peut dessiner à grands traits ce qu’étaient ses principales préoccupations et les solutions qu’il préconisait. Partant du constat qu’il n’est pas possible de vivre avec les oiseaux et les bêtes sauvages, et qu’il faut donc vivre en bonne société avec ses semblables, Confucius tisse un réseau de valeurs dont le but est l’harmonie des relations humaines. En son temps, la Chine était divisée en royaumes indépendants et belliqueux, les luttes pour l’hégémonie rendaient la situation instable et l’ancienne dynastie des Zhou avait perdu le rôle unificateur et pacificateur que lui conférait le mandat du Ciel. Confucius voulait donc restaurer ce mandat du Ciel qui conférait le pouvoir et l’efficacité à l’empereur vertueux. Cependant, bien qu’il affirme ne rien inventer et se contenter de transmettre la sagesse ancienne, Confucius a interprété les anciennes institutions selon ses aspirations, il a semé les graines de ce que certains auteurs appellent l'« humanisme chinois ».
Mettant l’homme au centre de ses préoccupations et refusant de parler des esprits ou de la mort, Confucius n’a pas fondé de religion au sens occidental du terme, même si un culte lui a été dédié par la suite. Cherchant à fonder une morale positive, structurée par les « rites » et vivifiée par la « sincérité », mettant l’accent sur l’étude et la rectitude, Confucius représente pour les Chinois d’avant la Révolution l’éducateur par excellence, mais la lecture attentive des Entretiens montre qu’il n’a pas voulu s’ériger en maître à penser, et qu’au contraire il voulait développer chez ses disciples l’esprit critique et la réflexion personnelle : « Je lève un coin du voile, si l’étudiant ne peut découvrir les trois autres, tant pis pour lui. »

Un apport très important, et révolutionnaire en quelque sorte, de Confucius, est à chercher dans la notion de « Junzi » (« gentilhomme ») qui, avant lui, dénotait une noblesse de sang et dont il a modifié le sens pour le transformer en noblesse du cœur, un peu comme le mot anglais gentleman. Son enseignement, bien que principalement orienté vers la formation de futurs hommes de pouvoir, était ouvert à tous, pas seulement aux fils de princes. On peut faire remonter à cette impulsion de départ la longue tradition des examens impériaux, chargés de pourvoir l’État en hommes intègres et cultivés, que le plus humble paysan pouvait (en théorie) tenter. Bien que cette institution « méritocratique » ait subi différents avatars et distorsions, elle a certainement joué un rôle prépondérant dans la pérennité de la culture chinoise et dans la relative stabilité de l’Empire Céleste pendant deux millénaires.
Selon Confucius, la soumission au père et au prince va de soi et garantit la cohésion des familles et du pays, mais elle s’accompagne d’un devoir de (respectueuses) remontrances si le père ou le prince vont dans la mauvaise direction. De très nombreux lettrés chinois, se réclamant à juste titre de l’enseignement de leur Maître, ont péri ou été bannis, pour avoir osé critiquer l’empereur quand celui-ci, sous l’emprise d’une clique du harem ou de prêtres taoïstes, ne prenait plus soin de son peuple et laissait le pays sombrer dans la famine ou la guerre civile.

Source : Wikipedia

 

Notes:

1. Shandong - Littéralement « à l'est de la montagne » est une province de l'est de la Chine, sur la mer Jaune et le golfe de Bohai.

Philosophie et pensée chinoises

Lao Tseu ou Laozi, signifie « Maître Lao » ou « Vieux Maître ». Il aurait été un sage chinois et, selon la tradition, un contemporain de Confucius (milieu du VIe siècle av. J.-C. – milieu du Ve siècle av. J.-C., fin de la période des Printemps et des Automnes). Il est considéré a posteriori comme le père fondateur du taoïsme.

Il serait né dans le pays de Chu du royaume des Zhou et serait parti pour une retraite spirituelle vers l’ouest de la Chine actuelle avec une destination inconnue.

Les informations historiques le concernant sont rares et incertaines et sa biographie se développe à partir de la dynastie Han, essentiellement à partir d’éléments surnaturels et religieux ; quelques chercheurs sceptiques estiment depuis la fin du XXe siècle qu'il s’agit d’un personnage fictif et composite, et non proprement historique.

Le Livre de la Voie et de la Vertu ou Dao De Jing (prononcer tao té king) que la tradition lui attribue est un texte majeur du taoïsme, considéré comme important par d'autres courants également. Lao Tseu est considéré par les sectes taoïstes comme un dieu (Taishang Laojun: « Suprême seigneur Lao ») et comme leur ancêtre commun.

Il est représenté comme un vieillard à la barbe blanche, parfois monté sur un buffle.

laozi

Quelques citations de Lao Zi extraites du Livre de la Voie et de la Vertu

Il n'est rien qui ne s'arrange par la pratique du non-agir.


Trente rayons convergent au moyeu, mais c'est le vide médian qui fait marcher le char.


De l'argile, nous faisons un pot, mais c'est le vide à l'intérieur qui retient ce que nous voulons.


Sois avare de tes paroles, et les choses s'arrangeront d'elles-mêmes.

Philosophie et pensée chinoises

Introduction sur Zhuang Zi (prononcer Tchouang-Tseu), le penseur (du 4e siècle avant J.-C.) le plus profond et le plus singulier que connut la Chine au cours de sa longue histoire. Il est un des maîtres à qui l'on attribue la paternité d'un texte essentiel du taoïsme appelé de son nom - le Zhuangzi - ou encore le « Vrai classique de Nanhua », Nanhuazhenjing.

Emissions sur France Culture sur le taoïsme de Zhuang Zi (Animé par Jean Levi)

Première partie  -  Deuxième partie

 

Citations de Zhuang Zi

Etre impartial et sans esprit partisan ; facile et sans égoïsme ; s'adapter au monde sans imposer sa volonté propre ; aller aux êtres sans duplicité ; n'avoir recours à la réflexion ; ne pas consulter son savoir ; ne pas choisir entre les personnes et les traiter en toute simplicité : il y avait de cela dans la méthode du Tao des Anciens.

Ne pas se laisser entraver par la coutume ; ne pas s'en laisser imposer par les choses ; pas de légèreté ni de ressentiment à l'égard des hommes ; souhaiter la paix pour que le peuple puisse vivre ; se contenter d'un minimum vital pour soi et pour autrui ; faire preuve ainsi d'un cœur candide : il y avait de cela dans la méthode du Tao des Anciens.

Distinguer l'action du ciel d'avec l'action de l'homme, voilà le sommet de la connaissance.
Connaître l'action du ciel, c'est constater ce que chacun de nous possède par nature.
Connaître l'action de l'homme, c'est essayer de préserver ce que son intelligence ne peut connaître par ce qu'elle connaît. C'est conserver la vie jusqu'à la limite naturelle et essayer de ne pas mourir prématurément.
Voilà la plénitude de la connaissance.

Philosophie et pensée chinoises

bodhidarma
Bodhidharma, le patriarche
du bouddhisme Ch'an

Le ch'an (prononcer tch'an), " méditation silencieuse ", transcription en mandarin du sanskrit dhyana, est une forme de bouddhisme mahayana née en Chine à partir du Vème siècle, qui insiste particulièrement sur la méditation, ou " illumination intérieure ". Comme toutes les écoles bouddhistes chinoises, on peut voir dans sa pensée une influence taoïste.
Sous ses multiples formes, il est devenu à partir du IXème siècle une des deux grandes catégories du bouddhisme chinois avec l'école de la Terre Pure (jingtu).
Le ch'an s'est transmis de Chine au Viêt Nam, en Corée et au Japon. C'est sous son nom japonais zen, équivalent du mandarin chán, qu'il est le plus connu en Occident.

Origine

La légende de l'origine de la tradition ch'an et de la lignée de ses maîtres remonte à un sermon du Bouddha Shakyamouni à ses disciples alors qu'ils étaient réunis sur le mont des Vautours, relaté dans le Sutra Lankavatara. Pour tenter d'expliquer un point de son enseignement, il se contenta de cueillir silencieusement une fleur d'udumbara. Aucun des disciples n'aurait compris le message qu'il tentait de faire passer, à l'exception de Mahakashyapa, qui aurait souri au Bouddha. Celui-ci lui aurait alors dit devant l'assemblée qu'il lui avait ainsi transmis son trésor spirituel le plus précieux. C'est une préfiguration de la description du chan que l’on prêtera à Bodhidharma : " Pas d’écrit, un enseignement différent [de tous les autres], qui touche directement l’esprit pour révéler la vraie nature de bouddha.  "

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dao
Calligraphie du mot "Tao"

Le Dao peut être défini comme l’origine et la source permanente d’énergie de l’univers. Il est omniprésent, mais imperceptible, car invisible, incolore, inodore, muet et impalpable.

Les premiers chrétiens arrivés en Chine y virent bien entendu une représentation de Dieu. Ils avaient en partie raison dans le sens où Dieu et Dao sont des entités créatrices transcendantales et revêtent le même caractère mystique et sacré.

Il faut toutefois souligner une différence de conception importante chez les Chinois : le Dao n’est pas perçu comme une entité sensible (il n’est ni amour ni haine) ni pensante.

À cet égard, il est indifférent, si tant est qu’il puisse ressentir de l’indifférence, aux vicissitudes de l’homme, qui n’a donc rien à attendre de lui : le Dao ne va pas spontanément au secours de l’homme, en revanche, l’homme peut trouver son salut à travers son union mystique avec le Dao. Alors que l’Occidental se place souvent dans une attitude d’attente ou d’espérance, le Chinois (le Taoïste dans la voie spirituelle, le Confucianiste dans la voie intellectuelle et matérielle) ne compte en général que sur son propre travail et ses propres efforts pour trouver son salut. Autre point intéressant, de convergence et de divergence à la fois : si Dieu est associé au père, le Dao l’est à la mère (« la mère de la myriade des êtres »).


Auteur: Philippe CHE (sinologue)

Tao/Dao peut être considéré comme la matrice préalable au sein de l'univers au passage du Qi, le souffle originel, précédant la parité binaire du yin-yang. Il est représenté par le tajiitu, symbole représentant l’unité au-delà du dualisme yin-yang.

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