Beaucoup de gens ne comprennent pas ce qu'est la méditation, et ils la rejettent. Même ceux qui l'acceptent ne la comprennent parfois que d'une façon incomplète. Certains pensent qu'il s'agit d'un exercice de relaxation; d'autres qu'elle est un simple rite spirituel. Il est même dommage que le mot " méditation " ne fasse pas partie du langage de tous les jours, car cela renforce l'idée que c'est quelque chose d'étrange.

La méditation est un état d'être. C'est un mode de vie. Ce qu'il est difficile de saisir est qu'elle se produit simultanément à tous les niveaux de la vie d'un individu. Par exemple, prenons le proverbial " contempler son nombril ". Si cela est fait correctement, voici quelques-uns des effets qui peuvent suivre: digestion stimulée, meilleure élimination des intestins, augmentation de la vigueur sexuelle accompagnée d'un contrôle accru, plus grande vitalité, circulation sanguine plus équilibrée, augmentation de l'appétit, émotions stabilisées, mental apaisé, compréhension de vérités spirituelles profondes et absorption totale dans un état de félicité.

Il est difficile pour les gens d'accepter qu'une simple activité puisse provoquer un processus allant d'une amélioration intestinale à la béatitude spirituelle. Mais si la méditation n'était pas si merveilleuse, comment pourrait-elle occuper une place si noble dans la vie des gens ?

Deng Ming-Dao1 - Le Tao au jour le jour (Editions Albin Michel)

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Notes:

1. Deng Ming-Dao (né en 1954, San Francisco) est un auteur américain d'origine chinoise, artiste, philosophe, enseignant et artiste martial. Deng est son nom de famille; Ming-Dao est son prénom. Dès son jeune âge, il a étudié les arts taoïstes internes tels que le Qigong et le Kung-Fu.

Son site internet: http://www.dengmingdao.com/

Les bienfaits de la méditation

tulkou-thondoup-rinpotcheEntretien avec Tulkou Thondoup Rinpotché

Avec le progrès des psychologies, et notamment de la psychologie transpersonnelle, les Occidentaux commencent à comprendre l’avantage de pratiquer la méditation pour s’assurer une bonne santé mentale.

Né dans une tribu d’éleveurs nomades du Tibet oriental, Tulkou Thondoup Rinpotché reçut une éducation faite d’étude des textes sacrés, de prière et de méditation, avant d’être, à l’âge de dix-huit ans, totalement déraciné par l’invasion chinoise. Fuyant tout d’abord aux Indes, et s’installant par la suite aux Etats-Unis, Tulkou Thondoup oublia peut-être la discipline monastique, mais certainement pas l’expérience de la paix qu’il avait éprouvée durant son enfance et qui lui permit de traverser les épreuves les plus rudes sans jamais mettre en péril l’harmonie régnant dans son esprit.

Jean-Claude Cartier: Avec le progrès des psychologies, et notamment de la psychologie transpersonnelle, les Occidentaux commencent à comprendre l’avantage de pratiquer la méditation pour s’assurer une bonne santé mentale. Mais ils éprouvent sans doute encore quelque difficulté à imaginer que cette même méditation puisse avoir un quelconque retentissement sur leur santé physique. Comment leur démontrer le pouvoir de l’esprit dans les processus de guérison du corps ?

Effectivement, le pouvoir de l’esprit est énorme; et la méditation, ou la prière, peuvent nous guérir physiquement, ou en tout cas avoir une grande influence sur la guérison.

Et ce n’est pas seulement là une façon de parler, mais bien une certitude dans la tradition du bouddhisme tibétain où la guérison par l’esprit fait partie de notre façon de vivre.

Ainsi, lorsque quelqu’un est malade, au Tibet, il va d’abord consulter un lama, afin qu’il lui indique une pratique de méditation. Et ce n’est qu’ensuite qu’il ira voir son médecin.

Dans d’autres cas, lorsque les médicaments se sont avérés inefficaces contre la maladie, une méditation ou des mantras spécifiques peuvent inverser le processus pathologique et avoir des effets tout à fait positifs.

Un de mes amis, dans ma communauté du Massachusetts aux Etats-Unis, eut un cancer à deux reprises. La première fois, les médecins l’avaient condamné en lui disant qu’il ne lui restait plus que cinq mois à vivre. Il s’est donc préparé à l’éventualité de mourir et s’est mis à pratiquer la méditation de manière intensive. Cinq mois plus tard, non seulement il était encore en vie, mais il n’y avait plus trace de cellules cancéreuses. Les médecins ne comprenaient pas…

Il a vécu cinq ans sans problèmes, puis a subi une récidive. Mêmes menaces de la part des autorités médicales: l’opération ou la mort ! Mais, comme on lui promettait également de finir sa vie dans un fauteuil roulant après l’opération, mon ami préféra la méditation... qui, une fois de plus, le guérit.

Il a maintenant quatre vingt trois ans et se porte parfaitement bien.

Comment expliquer de telles guérisons ?

Il y a deux raisons.

La première est facile à comprendre: lorsqu’on médite, l’esprit s’apaise, se calme... et entraîne très vite une relaxation physique et énergétique. Une telle détente crée, en quelque sorte, un espace dans lequel les énergies circulent plus facilement. Rappelons, en effet, que s’il nous arrive d’être malade, c’est parce qu’un blocage est apparu au niveau énergétique. Le corps et l’esprit sont évidemment liés; et toute déconnexion entre eux, même partielle, toute dysharmonie, même temporaire, perturbe le courant énergétique et favorise l’apparition de maladies.

Grâce à la méditation, on peut donc recréer l’harmonie entre le corps et l’esprit.

Mais, au-delà de cette relaxation de base - et c’est la seconde raison de ces guérisons -, il existe des techniques spécifiques, telles que la visualisation, qui permettent de stimuler positivement les forces de guérison.

Quelles sont ces techniques ?

Elles sont nombreuses, mais ne doivent évidemment pas être abordées sans un minimum de préparation. Il faut, bien sûr, avant tout savoir se décontracter, adopter une posture convenable, respirer correctement, créer un espace mental de paix, puis apprendre à visualiser, se concentrer, être attentif, s’ouvrir, se fondre...

Une fois cela acquis, il deviendra important d’apprendre à aborder les problèmes d’une manière adéquate. Il faut, tout d’abord, les accepter, les reconnaître, puis en trouver la source, les dénouer en les ressentant pleinement, et tout cela dans le calme. Mais le plus important consiste à voir nos problèmes comme positifs, à en devenir l’ami, à comprendre en quoi ils nous aident à évoluer.

Enfin, il nous restera à apprendre à nous appuyer sur une source de pouvoir. Pour les bouddhistes, cela pourra être l’image, la présence et le pouvoir de bénédiction d’un être spirituel ou d’une divinité, comme le Bouddha. D’autres s’appuieront sur la contemplation de Dieu ou d’une image sacrée, conformément à leurs croyances personnelles. En fait, n’importe quelle forme, entité ou force positive peut être choisie: le Soleil, la Lune, l’espace, une lumière, un son, une odeur... toute forme d’énergie à laquelle nous prêtons volontiers le pouvoir de nous inspirer et de nous guérir.

Tout cet apprentissage préliminaire achevé, nous pourrons alors commencer les exercices visant à dénouer les blocages d’énergie, ou à guérir les émotions et les désordres physiques, bref: à éveiller les énergies de guérison. Et, pour ce faire, nous aurons à notre disposition de très nombreuses techniques, comme celle de la visualisation de la lumière...

Plus précisément, où intervient la méditation, dans ces techniques ?

La méditation est évidemment à la base de toutes nos techniques. Reprenons l’exemple de la lumière. Dans notre tradition, les visualisations de lumières sont les méthodes les plus courantes pour se guérir des blocages émotionnels et des maux physiques tels que tumeurs ou blocages artériels.

Avant de commencer la visualisation, on crée une atmosphère détendue, on respire profondément et l’on suit mentalement sa respiration pendant quelque temps. Ensuite, en fonction de la nature et de la localisation du blocage, on emploiera tel ou tel protocole. Lorsque, par exemple, la maladie est liée à la chaleur, on visualisera une lumière blanche et fraîche émanant de la source de pouvoir et encerclant la partie supérieur du corps. Cette lumière attirera la maladie comme un aimant, la fera sortir par votre crâne pour la dissoudre dans le ciel.

Il existe ainsi un très grand nombre d’exercices de méditation spécialement conçus pour traiter des problèmes de santé particuliers. La plupart de ces exercices comprennent quatre étapes:
- l’identification du problème à résoudre,
- l’utilisation d’une source de pouvoir,
- l’application de la méthode de guérison, et
- la guérison elle-même.
Mais, pour que la guérison soit effective, nous devons faire appel à notre pouvoir d’imagination, à notre compréhension, à nos sentiments, et nous devons croire avec force au processus de guérison.

Ainsi, il est possible de renforcer chacune des quatre étapes de base à l’aide de quatre techniques: en se représentant le mal que l’on désire soigner sous la forme d’une image, en pensant au terme qui la désigne, en sentant ses qualités particulières, et en croyant à son efficacité. En effet, les pensées acquièrent plus de puissance quand on leur donne une forme concrète. Lorsqu’on les voit, elles deviennent vivantes et immédiatement accessibles. Lorsqu’on les nomme, on leur confère un pouvoir. Quand on les sent, on s’absorbe véritablement en elles. Et quand on croit à leur pouvoir, elles deviennent réalité.

Tout cela est de la méditation ! Une méditation qui, globalement, utilise quatre outils: la visualisation d’une image positive, qui conduit à la pensée positive, qui, elle-même, amène à la sensation positive, et ensuite à la croyance positive.

Grâce à ces quatre outils, chacun peut modifier le système énergétique à l’intérieur de son corps, faciliter les circulations d’énergie, et ainsi aider à un meilleur fonctionnement corporel.

Mais la chose la plus importante pour être en bonne santé, c’est d’éprouver la paix, la joie, la force et la stabilité.

Or, tous ces sentiments viennent bien de l’esprit; ce qui nous confirme que l’esprit dirige tout, qu’il est à la source de tout.

Et, puisque tout vient de l’esprit, pourquoi ne pas utiliser l’esprit comme méthode ?

N’y a-t-il a pas une différence entre la paix créée par l’esprit, et la paix qui commence à partir du moment où l’esprit se tait ? Dans la tradition chrétienne, il est fait une distinction entre la paix terrestre et la paix céleste, notamment dans l’Evangile de Jean où le Christ dit : " Je vous laisse la paix; c’est ma paix que je vous donne; je ne vous la donne pas comme le monde la donne. "

Pour les bouddhistes, la paix est un concept !

En disant cela, nous voulons attirer votre attention sur un mécanisme mental dont il faut se libérer.

Prenons un exemple: on raisonne constamment en termes de ce qu’on s’approprie, de je, de moi, de mien... On pense toujours à la magnificence de l’être humain, de l’humanité qui peut tout faire, tout créer, de sa supériorité sur les autres êtres et sur la planète. Mais, en fait, quand on se retrouve seul dans la nature, on se rend compte à quel point on est insignifiant et, dans le même temps, on peut être saisi par une grande paix.

Cela nous prouve bien que c’est l’esprit qui crée le concept de paix. A partir du moment où il n’y a plus d’esprit, il n’y a plus de concept de paix !

Si la paix et le détachement sont synonymes de santé, comment se fait-il que beaucoup de maîtres spirituels qui soient morts d’un cancer?

A partir du moment où l’on est incarné dans un corps grossier, il y a certaines maladies que l’on peut guérir... et d’autres que l’on ne peut pas guérir.

En outre, la maladie est perçue d’une toute autre manière par un maître spirituel. Elle est non seulement tolérée, mais accueillie avec gratitude, et elle lui devient une source d’inspiration.

D’une manière plus générale, dans le bouddhisme, la façon dont on conçoit la guérison est différente de celle dont la voient les Occidentaux. En effet, nous ne visons pas tant à supprimer un symptôme qu’à atteindre à la guérison globale, c’est-à-dire à une guérison de l’être.

De plus, étant donné que nous pensons disposer de nombreuses existences successives, la paix de l’esprit nous est sans doute plus facilement accessible, et, avec elle, une plus grande stabilité face à la maladie et à la souffrance... d’autant que ces qualités de calme et de détachement sont considérées comme un acquis positif pour les vies à venir.

Pour nous, il est donc clair que la guérison n’est pas uniquement un processus physique. Je connais personnellement des amis qui ont été confrontés non seulement à la souffrance et à la maladie, mais aussi à l’emprisonnement, au Tibet. Eh bien, même dans ces conditions, ces personnes avaient toujours un esprit paisible et joyeux. Ce que d’autres auraient considéré comme de grands malheurs étaient pour eux une source d’inspiration, d’enseignement, d’enrichissement. Tout simplement parce que cette souffrance n’entamait pas la paix de leur esprit.

En revanche, aussi bien en Occident qu’en Orient, on rencontre des gens qui sont riches et en parfaite santé et qui se suicident. C’est la preuve, encore une fois, que le bonheur s’acquiert par la paix de l’esprit, et non à travers des facteurs extérieurs.

Quelles qualités doit-on cultiver pour trouver cette santé globale ?

Si l’on regarde la santé comme la conséquence d’une guérison de la totalité de l’être, il faut alors travailler sur tous les aspects de la vie, et arriver à les transformer, à les améliorer dans chaque geste le plus anodin : marcher, manger, dormir, respirer, travailler. Tout doit être source d’observation et de devenir positif.

La façon de regarder quelqu’un, par exemple, est très importante. Pourquoi ne pas apprendre à lui donner de l’amour, de la compassion, ce dont il a besoin, à travers le regard, plutôt que de lui transmettre la suspicion, le doute, l’agacement, et les sensations négatives que l’on semble se plaire à cultiver habituellement ?

La pensée positive est certainement une excellente méthode, mais est-il vraiment réaliste, et surtout équilibré, d’être constamment positif ? Ne vaudrait-il pas mieux s’installer dans ce recul ontologique1 à partir duquel nous pouvons observer tous les phénomènes et événements, qu’ils soient positifs ou négatifs, sans aucun jugement et sans aucune implication personnelle?

Dans le sujet qui nous occupe, il est question de guérison par l’esprit. Dans ce cadre, le recul est sans aucun doute préférable à la pensée négative mais, bien souvent, insuffisant, puisque le but est de créer une énergie supplémentaire pour stimuler les forces d’autoguérison. Dès lors, tout un processus de positivation devient indispensable.

Cela dit, il y a des cas trop douloureux pour que le sujet parvienne à créer une pensée ou une sensation positive. Lorsque ce n’est pas possible, la solution est effectivement le recul, qui constitue alors un premier stade.

Il y a aussi le cas des problèmes mineurs, pour lesquels il est inutile d’en faire plus que cela n’est nécessaire. Là encore, le recul est approprié.

Mais pour créer l’énergie nécessaire au renversement d’évolutions pathologiques graves, et pour initier un processus de guérison dans la totalité de l’être, il faut user d’une technique positive.

Est-ce une méthode à la portée de chacun ?

Tout le monde peut utiliser ces techniques, bien sûr ! Toutefois, chacun apprendra à son propre rythme. Il y a un proverbe, au Tibet, qui dit qu’il n’est rien que l’on ne puisse apprendre. Cela peut quelquefois prendre du temps, et les progrès être longs à se faire sentir, mais chacun peut y arriver.

Par exemple, la psychanalyse n’est pas abordable par tout le monde, ne serait-ce qu’intellectuellement !

A l’inverse de la psychanalyse, notre tradition et les exercices qu’elle propose peuvent être abordés de toute sorte de façons, en fonction de la personnalité de chacun. Les uns se livreront à la méditation profonde, les autres se contenteront d’admirer la nature, et de trouver dans l’observation d’une fleur, de son odeur, de sa fraîcheur, de ses couleurs, le prétexte à se laisser naturellement envahir par le calme et à créer une visualisation positive...

N’oublions pas que le bouddhisme part du principe qu’à l’état naturel notre esprit est paisible et joyeux. C’est sa vraie nature ! Malheureusement, il a été obscurci par nos mauvaises habitudes, nos mauvais schémas de pensée, nos mauvais fonctionnements. Et la méditation n’a d’autre pouvoir ni d’autre but que de purifier ces schémas. Cela fait, c’est spontanément que nous redécouvrons la vraie nature de l’esprit qui est, de façon inhérente, paisible et joyeuse.

On n’essaie donc pas de transformer l’esprit en quelque chose d’autre, mais on le laisse être ce qu’il est, et se révéler à lui-même.

Est-ce que la pratique de ces techniques de visualisation est différente, dans le cadre de cette méditation, de celles que l’on retrouve dans nos relaxologie, sophrologie, hypnose et autres psychothérapies ?

J’ai été très surpris, il y a une trentaine d’années, lorsque j’ai lu les récits des premières NDE occidentales (expériences proches de la mort). Tout cela ne me paraissait pas très éloigné de notre « Livre des morts » tibétain. Cette similitude m’indiquait en tout cas que d’importantes découvertes se faisaient en Occident.

En fait, je pense qu’entre les découvertes orientales et occidentales, il y a un aspect commun qui est le bon sens, le sens commun, dont tous les hommes disposent sur cette planète. Et en aucun cas on ne peut dire que l’Orient a copié l’Occident, ou inversement. C’est simplement ce bon sens qui nous révèle les mêmes principes.

Je ne suis pas, personnellement, un spécialiste des psychothérapies, mais chaque fois que je me penche sur le sujet, je suis étonné de constater un très grand nombre de similitudes entre les méthodes que je propose et vos techniques occidentales.

Quelle est la raison de la maladie ? Paracelse lui attribuait plusieurs causes fondamentales, dont l’une était ens deale, c’est-à-dire divine. Ma Ananda Moyi disait que la maladie était le loyer qu’il fallait payer à Dieu pour résider dans un corps. La maladie n’aurait-elle donc pas, d’une certaine manière, une origine spirituelle ?

On n’a évidemment pas besoin de ces souffrances et de ces maladies, mais si elles arrivent dans notre vie, ce n’est pas non plus pour rien !

Henry Miller a dit : " La souffrance ne sert à rien, mais il m’a fallu beaucoup souffrir pour arriver à comprendre que la souffrance ne servait à rien ! "

C’est très juste ! Je pense qu’il nous faut utiliser la souffrance comme tremplin vers une réflexion qui nous amènera, elle-même, à des transformations.

Dans la tradition bouddhiste, il y a des lieux où il n’y a ni maladie ni souffrance. Ce sont les " terres pures ", l’équivalent des paradis. La maladie n’est donc pas perçue comme une nécessité universelle. Mais, tant que nous sommes dans une existence non libérée, il semblerait que les cocons de bonheur nous empêchent plutôt de progresser, alors que les difficultés et les événements malheureux déclenchent souvent des évolutions inattendues, tout au moins à condition de chercher le côté positif de tout événement.

La méditation peut-elle remplacer la médecine ?

Certainement pas ! Le processus de vie est quelque chose de très compliqué. Notre apparition sur terre est le résultat de nombreux facteurs interdépendants, et le cours de notre existence se poursuit dans un enchevêtrement très complexe de conditions dont il nous faut tenir compte. L’être parfaitement réalisé n’a peut-être pas besoin de jouer sur tous ces facteurs; mais l’être ordinaire doit non seulement pratiquer la méditation, mais avoir une vie saine, respecter des règles de diététique, faire suffisamment d’exercice physique, etc., s’il veut atteindre à une santé globale.

Mais sera-t-on jamais absolument sain ?

Le corps est obligé de passer par le processus bien connu de décadence, de vieillissement et de mort. Cela étant, l’être éveillé subi ce même processus, mais sans que son esprit en soit affecté. C’est ce qui fait la différence. Quand l’esprit reste dans l’état de paix et de joie, ce qui arrive au corps ne l’affecte plus.

On ne peut donc jamais devenir sain, mais on peut devenir saint ?

Tant qu’on aura un corps, on aura des ennuis de santé. On pourra en guérir une partie, mais pas la totalité. Donc, c’est l’esprit sur lequel il faut travailler !

Bibliographie

- " L’infini pouvoir de guérison de l’esprit " - Tulkou Thondoup - Le Courrier du Livre.
- " Quand l’esprit dialogue avec le corps " - Collectif - Guy Trédaniel Editeur.

Novembre 2000

Source: karmapa-europe.net

Notes:
1. Ontologique: qui a rapport à l'ontologie, étude de l'être en tant qu'être.

Les bienfaits de la méditation

meditation-douleurIl n'est pas nécessaire d'être un adepte de la méditation depuis plusieurs années pour en tirer des bénéfices contre la douleur.

Le Dr Fadel Zeidan et ses collègues de l'Université de médecine de Wake Forest Baptist Médical Center en Caroline du Nord ont montré " qu'un peu plus d'une heure d'entraînement peut fortement réduire la douleur ainsi que l'activation des centres cérébraux qui en sont responsables ".

Selon le Dr Zeidan, principal auteur de l'étude, ses travaux sont les premiers à démontrer les bienfaits de la méditation contre la douleur chez les débutants.

" Nous avons constaté un important effet de la méditation sur les sujets de l'étude avec une diminution d'environ 40 % de l'intensité de la douleur et de 57 % de l'inconfort lié à la douleur", assure le Dr Fadel Zeidan

Selon le chercheur, la méditation produirait même " une plus grande réduction de la douleur que la morphine ou d'autres analgésiques, qui en diminuent l'intensité d'environ 25 % ".

Quinze volontaires en bonne santé qui n'avaient jamais fait de méditation ont participé à la recherche. Ils ont suivi quatre séances de vingt minutes pour apprendre à contrôler leur respiration et à faire le vide de leurs émotions et de leurs pensées.

Le détail de ces travaux intitulé Brain Mechanisms Supporting the Modulation of Pain by Mindfulness Meditation est publié dans le Journal of Neuroscience1.

Avant et après ces séances, leur activité cérébrale a été examinée à l'aide d'un système spécial d'imagerie par résonance magnétique (IRM). Durant les IRM, un instrument chauffant a été placé sur la jambe des participants à une température de 48 degrés, ce que la plupart des individus jugent douloureux après cinq minutes.

Les IRM du cerveau des participants effectuées après les séances de méditation ont révélé une nette diminution de la douleur.

" Nous avons constaté un important effet de la méditation sur les sujets de l'étude avec une diminution d'environ 40 % de l'intensité de la douleur et de 57 % de l'inconfort lié à la douleur ", assure le Dr Fadel Zeidan

La méditation a ainsi fortement diminué l'activité cérébrale dans le cortex somatosensoriel primaire, une zone du cerveau jouant un rôle clé pour localiser la douleur dans le corps et mesurer son intensité.

En décembre 2009, le Pr Pierre Rainville et ses collègues de l'Université de Montréal avaient démontré que les adeptes de la méditation zen étaient moins sensibles à la douleur parce que cette sensation n'était pas traitée dans la zone du cerveau responsable de l'évaluation, du raisonnement ou de la formation de la mémoire.

Selon le Pr Rainville, les personnes qui pratiquent la méditation ressentent bel et bien les sensations douloureuses, mais elles abrègent le processus en s'empêchant d'interpréter ou d'étiqueter les différents stimuli comme douloureux.

Sources: radio-canada.ca - The Telegraph

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Les bienfaits de la méditation

Longtemps perçue comme une pratique religieuse, voire ésotérique, la méditation a acquis ses lettres de noblesse, et ne cesse de gagner des adeptes. Aujourd’hui, son efficacité en matière de réduction du stress n’est plus à démontrer. Et ses bienfaits dans la prévention et le traitement de plusieurs problèmes de santé – dépression, maladies cardiovasculaires, cancers – sont de mieux en mieux connus, et reconnus.

Quelques 250 hôpitaux et cliniques à travers le monde proposent la méditation comme outil thérapeutique. C’est le cas du Centre ÉPIC, à l’Institut de cardiologie de Montréal, qui offre des ateliers à ses patients depuis 5 ans. Le Dr Robert Béliveau, animateur, explique comment la pratique de la méditation peut aider à rééquilibrer l’organisme, et ainsi, contribuer au bien-être et à la santé.

« On vit dans une culture qui stimule constamment le système nerveux sympathique, le système qui nous aide à repérer les situations de danger, de menace, de risque, et qui nous prépare à l’action, soit à la fuite, soit à la bagarre. Quand on conçoit ce risque, les muscles se tendent, le système cardiaque s’accélère, la tension augmente. Que cette menace soit réelle ou imaginaire, la même réaction va se produire. »
« On a un accélérateur, mais on oublie de peser sur le frein, poursuit le médecin. La méditation agit comme un frein; elle permet de retrouver l’accès au système nerveux parasympathique qui lui, décélère le cœur, ralentit la respiration, dilate les artères, etc. La méditation agit comme un repos; elle donne un temps d’arrêt pour réduire cette tension constante et continue, cette course dans laquelle on est embarqué comme culture. »

Cette tension constante et continue, ce stress chronique propre à la culture occidentale, a des effets dévastateurs sur la santé. On ne compte plus le nombre d’études qui ont démontré que le stress constituait un facteur de risque majeur dans le développement des maladies, du burn-out aux maladies cardiovasculaires. À l’inverse, on sait que la réduction du stress participe au processus de guérison, même dans les cas de cancer, et s’avère un outil de choix dans la prévention de plusieurs maladies.
« Ce qu’on mesure, par exemple, ce sont les impacts sur la tension artérielle, précise le spécialiste. La composante stress est extrêmement importante dans la genèse de la maladie coronarienne. Alors la méditation peut être utilisée et c’est pourquoi on a développé un programme au Centre ÉPIC pour aider les gens à réduire la dimension stress dans leur vie. »

Le stress, Gilles Breton connaît… Il a traversé des périodes extrêmement difficiles dans sa vie et a souffert de graves maux de tête pendant 25 ans, avant de trouver un soulagement dans la pratique régulière de la méditation. « Les maux de tête se sont aggravés avec les années. À un moment donné, c’est devenu assez catastrophique; il fallait que je fasse quelque chose. J’ai pris beaucoup de médicaments, j’ai pris toutes sortes de choses. Et puis, finalement, c’est la méditation qui m’a aidé le plus. »
Aujourd’hui, Gilles Breton se sent plus calme, perçoit la vie d’une façon différente. Ses maux de tête n’ont pas complètement disparu, mais ils sont devenus éminemment tolérables et ne l’empêchent plus de fonctionner normalement. « La méditation, pour moi, a été une espèce de bouée de sauvetage. Je m’y suis accroché. Maintenant, c’est comme un souffle de vie. »

Au-delà des preuves scientifiques, des études, «mesures» et autres «tests», les bienfaits de la méditation, somme toute, sont connus depuis bien longtemps… « Les traditions de l’Orient nous ont légué des outils extraordinaires, rappelle Robert Béliveau. Aujourd’hui, ils sont examinés par la science moderne. Ce mariage entre l’Orient et l’Occident est pour moi quelque chose d’absolument fabuleux; c’est une chance inespérée pour la culture occidentale. C’est reconnaître qu’il y a des pratiques qui sont là depuis 2 500 ans; c’est du solide! Il n’y a pas une pilule qui a duré 2 500 ans ou qui va durer 2 500 ans… Avec la méditation, on est devant quelque chose qui a traversé l’épreuve du temps. »

Méditer plutôt que ruminer

La méditation réduit le stress et la douleur, aide à prévenir l’apparition des maladies cardiovasculaires et participe également au processus de guérison de nombreux troubles et maladies d’ordre psychologique, dont l’anxiété et la dépression. Depuis plusieurs décennies, de très nombreux chercheurs se sont penchés sur les effets de la méditation sur la santé mentale, et les résultats sont plus que convaincants.

Vincent Paquette, chercheur en neuropsychologie à l’Université de Montréal, est l’un d’entre eux. Il a réalisé une étude sur les effets de la méditation chez une trentaine de personnes souffrant de dépression majeure; les résultats ont été publiés dans la revue scientifique International Review of Psychiatry en 2009.
Les participants de l’étude ont suivi une «psycho-neurothérapie», une forme d’entraînement à la méditation, qui se pratique en visualisant, sur écran, sa propre activité cérébrale, laquelle est mesurée par une série d’électrodes placées sur la tête. En vingt sessions, les participants devaient apprendre à modifier eux-mêmes leur activité cérébrale pour entrer dans un état méditatif. Trois sujets sur quatre (74 %) ont réussi l’expérience; ils ont réduit l’amplitude des fréquences très élevées, qui sont associées aux inquiétudes, aux « ruminations ».
«Lorsqu’on est en dépression, lorsqu’on vit de l’anxiété, notre champ de conscience est vraiment altéré par des ruminations, par des inquiétudes excessives et exagérées, explique Vincent Paquette. Le 'bruit interne' est très, très, très grand, ce qui modifie le système respiratoire, le système cardiaque. La méditation est une technique qui vise exactement ça : la capacité à ne pas se laisser prendre dans la chaîne des idées qui amène une idée, qui amène une idée, qui amène une idée… En diminuant l’activité du cerveau, on réduit la quantité de ruminations, et la personne peut retrouver un état qui est beaucoup plus normal. »
Autre résultat observable de l’expérience : une augmentation de la cohérence de l’ensemble des régions cérébrales. « Le cerveau communique mieux, résume le chercheur. Les neurones commencent à se synchroniser, à travailler en même temps, et la personne ressent un état d’unité. Lorsqu’on a un trouble de santé mentale, tous les neurones ne travaillent pas à la même vitesse, ce qui crée une espèce de cacophonie à l’intérieur du cerveau. »
Claude Guimont, diagnostiqué maniaco-dépressif, a été l’un des participants à l’étude de Vincent Paquette. Depuis trois ans, il ne prend plus aucune médication et n’a fait aucune rechute. «J’ai eu le bonheur de participer à une expérience qui m’a permis de reprendre la maîtrise de mes pensées, témoigne-t-il. On est dépressif parce qu’on pense à des choses très nocives. Je suis passé d’un extrême à l’autre, d’une grande noirceur à un soleil sans nuages. Des années enfermé dans une cave, sans lumière. Maintenant, je suis en train de choisir la maison avec les grandes fenêtres dans laquelle je vais vivre.»

Zen pour tous?

Matthieu Ricard, moine bouddhiste, à l’instar des autres portant le même titre que lui, a poussé l’art de la méditation jusque dans ses ultimes limites. Il a participé à une recherche américaine dans laquelle on a mesuré la puissance de ses ondes gamma, des fréquences cérébrales que peu d’êtres humains sont capables de générer intentionnellement. Les ondes gamma peuvent produire une forme particulièrement intense d’altruisme, qu’on décrit parfois comme une compassion profonde et absolue pour l’univers, une émotion réservée aux sages de ce monde…
Mais Matthieu Ricard ne prêche pas; il parle avec humilité des perturbations mentales qui affectent tous les êtres humains… et auxquelles tous les êtres humains peuvent s’attaquer.
« Tout le monde a un esprit. Tout le monde peut constater que cet esprit ne fonctionne pas de façon optimale et peut remédier à certains des facteurs qui troublent cette paix intérieure : un déséquilibre émotionnel, des 'toxines mentales' comme l’agressivité, l’obsession, l’envie, l’arrogance... Tout le monde aspire à un meilleur état d’être, à plus de sérénité. Qui n’aspire pas à cela? L’entraînement de l’esprit concerne toute personne qui a un esprit. »
Tous les adeptes et spécialistes s’entendent : gérer son stress par la méditation est une question d’apprentissage, d’entraînement… et de discipline. Au programme : de 20 à 30 minutes par jour pendant quelques semaines. Tranquillement, les bienfaits se feront ressentir; le cerveau est un muscle qu’on entraîne comme d’autres. Dans le jargon, on parle de neuroplasticité. « Comment est-ce que le cerveau change? En étant exposé régulièrement à quelque chose de nouveau, explique Matthieu Ricard. Que ce soit l’apprentissage du piano, du chant, de la gymnastique ou des échecs. Vous devenez chauffeur de taxi à Londres, vous apprenez par cœur les noms de 20 000 rues, en quelques mois; votre cerveau va changer. Si vous faites 20 minutes par jour de méditation sur la pleine conscience ou sur l’altruisme, votre cerveau va changer. C’est dans la nature des choses. Et si le cerveau change, les répercussions physiologiques vont suivre. L’idée, c’est que ces 20 minutes vont transformer la qualité des 23 heures et 40 minutes qui restent dans la journée, y compris le sommeil. La méditation est destinée à donner un parfum différent au reste de vos activités, sinon ça ne servirait à rien! »

Plus de 3 000 études

L’intérêt de la communauté médicale pour la méditation a connu un essor important grâce aux travaux de Jon Kabat-Zinn, biologiste et professeur de médecine à l’Université du Massachusetts. Le scientifique s’est intéressé aux effets de la méditation sur les problèmes de santé dès la fin des années 1970.
Près de 3000 études ont été réalisées depuis. Bien sûr, elles ne sont pas toutes concluantes, mais plusieurs d’entre elles ont retenu l’attention; elles indiquent des effets bénéfiques importants de la méditation sur le contrôle de l’hypertension artérielle, le fonctionnement du système immunitaire (prévention de la grippe) et le traitement du psoriasis.

Sources :

http://pilule.telequebec.tv/occurrence.aspx?id=603
http://www.psychosomaticmedicine.org/cgi/content/abstract/60/5/625
http://www.psychosomaticmedicine.org/cgi/content/full/65/4/564 Manikonda JP, Stork S, et al.Contemplative meditation reduces ambulatory blood pressure and stress-induced hypertension: a randomized pilot trial. J Hum Hypertens. 2008;22(2):138-40.

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Les bienfaits de la méditation

Beaucoup de patients victimes d'une dépression souffrent de récidives. Des chercheurs du Centre de toxicomanie et de santé mentale de Toronto (Canada) montrent que la méditation de pleine conscience est aussi efficace que les antidépresseurs pour prévenir ces rechutes.

Cette équipe de psychiatres et de psychothérapeutes publie le résultat de ses travaux dans la revue Archives of General Psychiatry. Dans un premier, ils ont réuni un panel de 84 patients, âgés de 18 à 65 ans, en phase de rémission d'une dépression. Ils devaient avoir connu au moins deux épisodes dépressifs au cours des dernières années, mais ne plus présenter de symptômes depuis au moins sept mois. Dans un premier groupe, les antidépresseurs ont été remplacés par une prise en charge reposant sur la méditation de pleine conscience : reconnaissance de ses émotions - tristesse, rumination, évitement... - et des éléments déclencheurs d'une rechute dépressive.

Pour le deuxième groupe, les antidépresseurs classiques ont été maintenus, alors qu'un placebo leur a substitué dans le troisième. Résultat : le taux de récidive de la dépression, sur une période de dix-huit mois, s'établit à 27% parmi les patients sous antidépresseurs, à 28% dans le groupe « méditation », et à 71% pour les « placebos ». Les auteurs précisent que la méditation de pleine conscience ne peut pas être considérée comme un traitement contre la dépression, mais d'une alternative intéressante pour éviter une rechute.

Source: Le Soir - 21 mars 2011

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Les bienfaits de la méditation

Citation

"Tout ce que fait le pouvoir de l’Univers s’opère dans un cercle. Le ciel est rond et j’ai entendu dire que la Terre est ronde comme une balle et que toutes les étoiles le sont aussi. Le vent, au sommet de sa fureur, tourbillonne. Les oiseaux font leur nid en cercle parce qu’ils ont la même religion que nous. Le Soleil s’élève et redescend dans un cercle. La Lune fait de même et tous deux sont ronds."
Nicholas Black Elk

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