La méditation marchée est une forme de méditation de pleine conscience en mouvement rythmée par la respiration. C'est une technique de méditation d'origine bouddhiste que l'on peut aussi bien appeler marche Ch'an (Jingxing en chinois) ou marche Zen (Kinhin en japonais). Dans les monastères ou centres de méditation Zen, cette méthode est pratiquée entre les méditations assises comme une continuation de la méditation assise. Pour les pratiquants, cette marche est une façon de vivifier l'esprit et le corps sans interrompre le calme de la méditation assise.

Sans devenir un adepte du bouddhisme Chan ou Zen, ce type de méditation marchée devrait convenir aux personnes qui ont des difficultés à rester assis pendant une longue durée.

Traditionnellement, cette marche s'effectue autour d'une pièce, dans le sens horaire, en tenant les mains contre l'abdomen sous le sternum, chaque pas d'une demi longueur de pied (dans la marche Zen) étant effectué après une respiration complète.

Cette pratique permet de stabiliser progressivement l'esprit tout en favorisant le développement d’une nouvelle attitude à l’égard des pensées et de leur charge émotionnelle ainsi qu'un affinement de la conscience du corps, la sensation du contact des pieds à la Terre, des muscles et tendons sollicités dans les mouvements de jambes et la respiration.

Description de la méthode

Lieu

Dans un endroit tranquille à l'intérieur ou à l'extérieur.

Préparation (Posture Wuchi)

  • Pieds joints, les orteils en légère pression sur le sol.
  • Genoux débloqués, légérement fléchis.
  • Bras pendants le long du corps.
  • Les lombes décambrées
  • Le sommet de la tête suspendu au Ciel, ce qui étend légèrement les vertèbres cervicales et fait rentrer le menton.
  • La bout de la langue en contact avec le palais et
  • Le périnée légèrement contracté.

marche-zenFermer la main gauche1 (la main gauche est refermée sur le pouce). Placer ensuite le poing gauche sous le sternum sans exercer de pression, paume vers le sol, de telle sorte que la racine du pouce gauche soit en contact avec le corps. La main droite recouvre le poing gauche. Les avant-bras sont parallèles au sol, les coudes ne touchent pas le corps. Les yeux sont mi-clos, le regard dirigé en avant, en direction du sol, à une distance d'environ trois mètres ne fixe rien.


La marche

Pendant l'inspiration - La pensée se concentre dans le pied gauche2 et l'axe du corps s'aligne lentement sur ce celui-ci. Sentir la jambe et le pied gauches se charger progressivement du poids de corps, l'axe du corps s'enracine sous le pied gauche. Pendant ce temps, sentir la jambe et le pied droits s'alléger, se vider progressivement.
La pensée se concentre maintenant dans le talon droit. Soulever lentement ce talon en étant attentif aux sensations dans toute la jambe droite. Continuer à dérouler le pied jusqu'à la pointe des orteils, puis le lever délicatement.
Etendre lentement la jambe droite en diagonale (45° vers la droite) en focalisant l'attention sur les sensations dans le pied droit et la jambe droite, puis poser le talon droit sur le sol.
Veiller à ce que la longueur du pas corresponde à une longueur de pied et sa largeur à une largeur de bassin. Si la jambe est légèrement fléchie comme elle doit l'être, le talon droit touche naturellement le sol en allongeant la jambe droite.
La pensée se concentre à nouveau dans le pied gauche qui est totalement chargé du poids de corps; en même temps sentir le contact du talon droit à la terre. Accueillir ces deux sensations jusqu'à ce qu'elles ne fassent plus qu'une seule sensation.

Pendant l'expiration - Avancer l'axe du corps en suivant la ligne droite séparant le pied gauche du pied droit. Sentir la plante du pied droit "se dérouler" sur le sol alors qu'elle se charge progressivement du poids de corps. Pendant ce temps, sentir le talon gauche se soulever naturellement. ±70% du poids de corps se trouve sur le pied droit et ±30% sur la pointe du pied gauche. Sentir chaque détail de la posture pendant un instant.
Sentir l'alignement de l'axe du corps sur le pied droit.

pasPendant l'inspiration - Détendre complètement la jambe gauche et la laisser se rapprocher naturellement de la jambe droite. Sentir le pied droit chargé de la totalité du poids de corps et la jambe gauche qui est "vide". La jambe gauche est légèrement fléchie et seule la pointe du pied gauche touche le sol.
La pensée se concentre maintenant dans le pied droit, l'axe du corps est aligné sur celui-ci. Sentir la jambe et le pied droits chargé du poids de corps, l'axe du corps est enraciné sous le pied droit.
Etendre lentement la jambe gauche en diagonale (45° vers la gauche) en focalisant l'attention sur les sensations dans le pied et la jambe gauche, puis poser le talon gauche sur le sol.
Veiller à ce que la longueur du pas corresponde à une longueur de pied et sa largeur à une largeur de bassin. Si la jambe est légèrement fléchie comme elle doit l'être, le talon gauche touche naturellement le sol en allongeant la jambe gauche.
La pensée se concentre à nouveau dans le pied droit qui est totalement chargé du poids de corps; en même temps sentir le contact du talon gauche à la terre. Accueillir ces deux sensations jusqu'à ce qu'elles ne fassent plus qu'une seule sensation.

Pendant l'expiration - Avancer l'axe du corps en suivant la ligne droite séparant le pied droit du pied gauche. Sentir la plante du pied gauche "se dérouler" sur le sol alors qu'elle se charge progressivement du poids de corps. Pendant ce temps, sentir le talon droit se soulever naturellement. ±70% du poids de corps se trouve sur le pied gauche et ±30% sur la pointe du pied droit. Sentir chaque détail de la posture pendant un instant.
Sentir l'alignement de l'axe du corps sur le pied gauche.

Et ainsi de suite...

Cet exercice peut être pratiqué pendant 10 à 15mn et plus..

Notes:

1. Les femmes commencent en fermant la main droite, la main gauche se posant dessus, les hommes commencent en fermant la main gauche et en la couvrant avec la main droite.
2. Les hommes commencent par le pied droit, les femmes par le pied gauche.

Techniques de méditation

Thich Nhat Hanh nous livre dans ce texte sa compréhension d’un des enseignements sur la méditation les plus pratiqués parmi les moines et les laïques : une explication détaillée de la pratique d’Anapanasati, quelquefois traduite par « l’attention au va et vient du souffle »

Nous pouvons dire que notre corps est un autel et nous ne devons pas laisser notre corps vacant. Nous utilisons notre respiration pour ramener notre esprit à notre corps. Quand on regarde un temple déserté nous savons que ce temple est abandonné. Ce n’est pas la peine de réfléchir pour le savoir qu’il n’y a personne à l’intérieur pour s’en occuper. En regardant quelqu’un qui n’est pas en pleine conscience, nous savons tout de suite en observant comment il s’asseoit, marche, parle et travaille que cette personne ne pratique pas la pleine conscience. Il est comme un temple sans abbé et sans résident.

Lorsque nous pratiquons la méditation assise, nous devons d’abord ramener notre corps à notre esprit et notre esprit à notre corps. Nous nous asseyons de façon à être réellement présent. Ce n’est pas difficile. Lorsque nous pratiquons la pleine conscience, nous établissons notre présence dans le moment. Lorsque notre corps et notre esprit ne sont pas en unité dans le moment nous sommes dispersés. Lorsque notre corps et notre esprit font un, nous sommes concentrés, le contraire de dispersés. C’est très simple. C’est la réalité de notre pratique. Lorsque nous nous asseyons, nous rassemblons notre corps et notre esprit, lorsque nous mangeons nous rassemblons notre corps et notre esprit. Ce qui est le plus précieux, c’est d’avoir la possibilité de faire cela. Dans la société, parfois nous n’avons pas la possibilité de le faire. Mais dans l’environnement d’un centre de pratique, cette possibilité nous est offerte. C’est pour cela que nous avons rejoint le corps du Sangha. Chaque personne présente est une inspiration pour notre pratique.

Lorsque nous sommes assis en méditation, personne ne nous pose de question, personne ne nous demande de faire quoi que ce soit : nous sommes complètement libres et par conséquent la qualité de notre assise ne dépend que de nous-mêmes. Si notre assise est bonne, nous sommes comme une montagne dans le moment présent ; nous nous ouvrons comme une fleur. Si notre assise n’est pas bonne, les pensées nous emportent. La façon dont nous nous asseyons ne dépend que de nous-même.

Le Bouddha a dit à ses moines : " Pour pratiquer, il suffit d’un peu d’herbe au pied d’un arbre, rien de plus. Un endroit tranquille suffit, le reste vous appartient.

Tout ce dont nous avons besoin, c’est d’une salle de méditation et de notre Sangha. Toutes les conditions nécessaires sont réunies.

S’asseoir en méditation, c’est être vraiment là dans le moment présent. C’est la présence de l’union du corps et l’esprit. Grâce à celle-ci, nous sommes en contact avec la vie. Parce que la vie ne peut être qu’ici et maintenant. Ce genre de contact est très profond.

Dans du soutra sur l’attention au va et vient du souffle (Anapana sati), le premier objet de la pleine conscience est notre corps. C’est pour cela que le corps est notre temple. Nous devons donc le respecter, comprendre son importance et y revenir sans cesse car il est notre refuge. Si nous sommes dispersés, si notre corps tombe malade, nous n’avons plus de refuge, nous n’avons plus de temple auquel retourner. Les gens autour de nous pratiquent aussi de façon à ce que leur corps soit leur temple. Nous retournons à notre corps pour en prendre soin, pour être présent dans notre temple, de façon à ce que notre pratique ait un effet pas seulement pour nous mais aussi pour notre Sangha. A ce moment notre temple est pris en charge et il devient un refuge non seulement pour nous-mêmes mais aussi pour ceux qui nous entourent.

Le soutra sur l’attention au va et vient du souffle commence ainsi :

Quand j’inspire, je sais que j’inspire.

Quand j’expire, je sais que j’expire.

Quand j’inspire longuement, je sais que c’est une longue inspiration.

Quand j’expire longuement, je sais que c’est une longue expiration.

Quand cette respiration est profonde, je sais que cette respiration est profonde.

Quand cette respiration est lente, je sais que cette respiration est lente.

Nous sommes présents pendant que nous inspirons et expirons. Pendant que nous inspirons, nous pratiquons. Pendant que nous expirons, nous pratiquons. Les inspirations se continuent dans les expirations qui se continuent dans les inspirations. C’est comme quand on joue du violon. Nous sommes conscients du mouvement de l’archet vers le haut puis vers le bas. Chaque mouvement est une continuation de l’autre : Inspire Expire Inspire Expire. Si vous êtes musicien, vous gardez votre archet sur les cordes. Si vous êtes un méditant vous gardez votre esprit sur votre respiration et vous ne vous dispersez pas.

Un violoniste suisse connu venait pratiquer au Village des Pruniers, et un jour, alors que j’enseignais la pleine conscience de la respiration, il a fait la remarque suivante :

Il n’y a pas d’espace entre l’inspiration et l’expiration, c’est comme le son du violon qui ne s’interrompt pas entre le mouvement ascendant et le mouvement descendant de l’archet.

Nous pensons qu’il y a interruption entre l’inspiration et l’expiration mais lorsque l’on respire correctement il n’y a pas d’interruption. On peut représenter cela sous la forme d’un 8. Lorsque la pleine conscience est maintenue, c’est ainsi qu’est la respiration ; sans interruption.

J’inspire et je suis conscient pendant toute l’inspiration, pas seulement quand je commence à inspirer et quand l’inspiration se termine. Même chose avec l’expiration. Lorsque j’inspire et que j’expire je deviens la respiration et je ne suis que cela Je ne suis rien d’autre, je ne pense pas, je n’ai ni pensée initiale ni pensée successive. Lorsque je dis "Ceci est une inspiration", c’est simplement une reconnaissance, ce n’est pas une pensée. C’est cela la méditation guidée, c’est reconnaître la qualité de notre respiration.

Dans la méditation nous utilisons des images et non des idées :

J’inspire, je suis une montagne, j’expire, je me sens solide comme une montagne.

J’inspire, je me sens comme une fleur, j’expire, je suis frais (ou fraîche ) comme une fleur.

J’inspire, je suis l’eau calme, j’expire, je reflète ce qui est vrai.

Ce ne sont pas là des pensées, ce sont des images que l’on utilise en méditation. Une personne qui médite est comme un poète. La respiration, c’est notre musique. Les images sont notre poésie. Si notre esprit va se dispersant en toutes directions, ce n’est pas un véritable poème. Lorsque nous pratiquons l’attention à la respiration, nous sommes la respiration, nous mettons toute notre attention dans la respiration, iI n’y a pas de pensées et nous maintenons notre pleine conscience, notre concentration, grâce à notre respiration. La respiration est suivie.

Les quatre premières respirations que le Bouddha a enseignées sont :

J’inspire une longue inspiration et je sais que c’est une longue inspiration.

J’expire une longue expiration et je sais que c’est une longue expiration.

J’inspire une inspiration courte et je sais que c’est une inspiration courte.

J’expire une expiration courte et je sais que c’est une expiration courte.

C’est cela suivre sa respiration, A la troisième respiration, c’est différent :

J’inspire et je suis conscient de mon corps tout entier.

Lorsque nous pratiquons ainsi, nous utilisons la pleine conscience juste pour envelopper tout notre corps. La respiration, c’est la pleine conscience ; c’est un train qui transporte. Il est possible que ce train soit vide. Respiration pure. A partir de la troisième respiration il y a quelque chose dans ce train ; notre corps. Lorsqu’on dit "J’inspire, c’est la respiration pure. Mais lorsqu’on dit : " J’inspire et je suis conscient de mon corps" La respiration transporte quelque chose. "Je suis une fleur". La respiration transporte la fleur."J’expire et je sais que je suis frais (ou fraîche)". Nous sommes l’expiration, notre expiration transporte la fraîcheur d’une fleur. La respiration n’est plus simple, elle transporte quelque chose Lorsque nous expirons, l’objet de notre attention, c’est l’expiration, mais aussi le sourire que nous apportons à la fleur.

La respiration peut être pure et simple mais peut aussi avoir un.objet. Cet objet est maintenu pendant toute la durée de notre respiration :

"J’inspire et je suis conscient de mon cœur ".

Pendant toute mon inspiration, je sais que c’est mon inspiration, mais je sais aussi que mon cœur est présent Nous devons maintenir la pleine conscience de notre cœur pendant toute la durée de notre inspiration. En expirant, l’objet de ma pleine conscience est mon sourire à mon cœur. Ce sont des choses que l’on peut voir immédiatement dans le soutra sur la pleine conscience de la respiration. L’inspiration commence et finit là, et l’objet de notre pleine conscience juste, c’est notre respiration. Mais si nous transportons un autre objet avec notre respiration c’est aussi la chose avec laquelle nous sommes en contact pendant toute notre inspiration. L’inspiration, c’est l’objet numéro un, et l’expiration c’est l’objet numéro deux.

Thich Nhat Hanh

Le Village des Pruniers

Centre Martineau
33580 Dieulivol
Tél.: 05 56 61 84 18

Techniques de méditation

Le sourire intérieur taoïste est une technique puissante qui constitue à la fois la base de toute méditation taoïste plus avancée mais aussi la base d'une vie plus heureuse.
Cette technique, une fois apprise (et elle est facile à apprendre) peut être pratiquée les yeux ouverts tout en marchant, travaillant, discutant ou pendant toute autre activité normale de la vie.
Le sourire intérieur permet de transformer les énergies et émotions négatives en positives. Par ce fait, il permet de faire l'expérience de plus de joie, d'amour, de paix, de respect, de courage et de créativité dans son corps, son mental et dans sa vie.
Ses bienfaits sont énormes car, au-delà de la détente, paix et harmonie intérieures, le sourire intérieur nous aide à nous ouvrir à une vie plus heureuse et "lumineuse" et à nos propres sources d'énergie insoupçonnées. Cette technique combine attitude physique, psychologique et énergétique.

Techniques de méditation

La pleine conscience (parfois également appelée attention juste) est une expression dérivée de l’enseignement du Bouddha Siddhartha Gautama qui désigne la conscience vigilante de nos propres pensées, actions et motivations.

goutte-d-eauLa pleine conscience ou l'attention juste consiste à ramener son attention sur l'instant présent et à examiner les sensations qui se présentent à l'esprit, comment elles apparaissent, comment elles durent et comment elles disparaissent. Cette pratique permet de réaliser de façon directe si une sensation est persistante ou passagère. Par la suite, le pratiquant va aussi examiner la matière, les perceptions, les habitudes mentales positives ou négatives, la conscience, comment toutes les choses apparaissent, comment elles durent et comment elles disparaissent.

Le pratiquant devenu 'observateur' s'entraîne à rester neutre et silencieux (le "silence mental") en examinant l'apparition et la disparition des sensations agréables, neutres ou désagréables, sans juger, sans chercher à retenir la sensation agréable ou à rejeter la sensation désagréable. Il fait ainsi l'apprentissage du détachement et se libère progressivement des conditionnements mentaux et des émotions négatives telles que le chagrin, l'affliction, la douleur, l'anxiété, l'insatisfaction, la frustration, la colère, l'angoisse, le stress, l'aversion,....

Cette pleine conscience n’est pas limitée à une pratique de méditation mais elle consiste simplement à observer les objets physiques et mentaux qui se présentent à l'esprit. Quand un objet disparaît, la pleine conscience ne cesse pas, elle est tournée par l'observateur vers un objet "par défaut" : la respiration, la contemplation ou la marche. Quand un nouvel objet apparaît à l'esprit, l'attention délaisse l'objet "par défaut" et s'applique à observer attentivement le nouvel objet. C'est ainsi que l'attention à la respiration naturelle : inspir, petite pause, expir, petite pause,... n'est pas une fin en soi mais elle soutient efficacement la vitalité de la pleine conscience, d'où l'importance de la respiration dans la méditation.

Le souffle est la passerelle entre le monde des cinq sens et le monde de l’esprit.

Ajahn Brahm

Techniques de méditation

Méditation taoïsteCela fait des millénaires que la plupart des traditions anciennes considère la respiration conduite de manière précise comme un des principaux moyens pour permettre un affinement du corps et de l'esprit autant qu’une communion avec la Nature1.

L'attention prédominante des taoïstes2 pour les méthodes de "longue vie" était telle que de nombreuses techniques visant l'amélioration de la santé du corps et de l'esprit virent le jour au fil des siècles.

Les avantages de cette véritable culture de la respiration étaient tellement évidents que les techniques furent également adoptées dans des milieux laïques à des fins purement bienfaisantes, thérapeutiques ou préventives.

Aujourd'hui, la plupart des êtres humains respire mal.... Leur façon de respirer ne met généralement en oeuvre qu'une infime partie de la capacité des poumons et cela les empêche d'éliminer et d'expirer tout le gaz carbonique ainsi que toutes les toxines du sang. Le sang devient alors impur et les maladies apparaissent…

Si nous ajoutons à cet handicap l'influence du stress et des émotions perturbatrices (telles que la colère ou la peur, par exemple) des réactions physiologiques et psychologiques se manifestent rapidement: notre respiration s'accélère en devenant courte et saccadée et notre esprit tombe sous l'emprise de pensées chaotiques...
Ce constat démontre que si nous voulons améliorer notre santé, notre vitalité et installer durablement le calme en soi nous devons apprendre à respirer correctement. Avec les techniques de méditation respiratoire (taoïste) que nous proposons dans chacun de nos cours c'est tout à fait possible. Mais de quoi s’agit-il exactement?

La méditation respiratoire

A la différence des techniques gymniques de Qi Gong-Daoyin et de Taichi Chuan dont la pratique vise l'ouverture des méridiens indispensable à l'équilibre du Yin et du Yang et la libre circulation de l'énergie dans le corps, la méditation respiratoire permet de :
- Thésauriser l'énergie vitale dans le Xia Dantian (Hara des Japonais) situé dans le bas de l'abdomen.
- Equilibrer le sang et l'énergie3,
- Masser les organes internes4,
- Apaiser l'esprit5 et de détendre profondément le corps,
- Activer la circulation de l'énergie vitale dans les vaisseaux merveilleux (grands réservoirs d'énergie vitale) situés sur le ligne médiane des faces antérieure et postérieure du tronc.

Le mental est le Seigneur des sens, mais le souffle règne sur le mental. Le contrôle du souffle vous mènera donc au contrôle du mental et à la libération.

Paramahansa Hariharananda, Mystique indien

La respiration abdominale normale

Avant de se lancer dans l'apprentissage de méthodes respiratoires avancées, il est indispensable de commencer par une respiration naturelle au quotidien. La respiration abdominale normale est à la base de tous les exercices internes (Nei Dan). Pratiquée progressivement et régulièrement cette respiration devient rapidement douce, naturelle, profonde, silencieuse et semble remplir le Dantian. Dans cette pratique respiratoire, l'abdomen se dilate à l'inspir (Yin) et se contracte à l'expir (Yang).
C'est une respiration simple à apprendre, son objectif vise la régénération de la texture des organes, apporte calme intérieur et quiétude.
Cette méthode respiratoire ne nécessite pas d'effort physique particulier et peut être pratiquée par tous en adaptant les méthodes en fonction de l'état de chacun. En général les yeux sont seulement mi-clos pour éviter de "perdre le Shen" (se distraire).

Notes:

1. Tout est respiration ; la nature respire au rythme des saisons, le temps, au rythme des jours et des nuits et l’univers respire au rythme de l’éternité. Nous faisons partie du grand TOUT et c’est par la respiration que nous avons la possibilité de nous accorder à la vibration cosmique. Il s’en dégagera une grande harmonie, un grand calme, une paix profonde et peut-être une compréhension plus fine et plus large des autres plans et des autres mondes.
2. Le Taoïsme plonge ses racines dans la culture ancienne, ce courant se fonde sur des textes, dont le Tao Tö King (Le livre de la Voie et la Vertu) de Lao Tseu, et s’exprime par des pratiques, qui influencèrent tout l’Extrême-Orient. Il apporte entre autres : une mystique quiétiste, reprise par le bouddhisme Ch'an (ancêtre du zen japonais) ; une éthique libertaire qui inspira notamment la littérature ; un sens des équilibres yin yang poursuivi par la médecine chinoise et le développement personnel ; un naturalisme visible dans la calligraphie et l’art.
3. En enrichissant le sang en oxygène et en éliminant les déchets gazeux, la respiration purifie le sang et l’organisme. Elle améliore les échanges gazeux et la circulation de l’énergie.
4. Par son brassage des différents organes, elle régule les fonctions digestives et lutte efficacement contre la constipation. Elle soulage le cœur en régulant son fonctionnement et enfin, exerce une action essentielle sur l’assimilation des aliments et la combustion des graisses.
5. Le maître des cinq sens est le mental et le maître du mental est la respiration profonde. Ainsi, la respiration permet de calmer le mental, de se prémunir contre le stress et la dépression. En agissant sur le calme, elle va faciliter la concentration, l’écoute et va permettre d’éliminer progressivement certains blocages ou tensions. D’une façon globale, elle concourt à l’équilibre du système neurovégétatif qui gère les émotions comme la joie, la peur, l’anxiété.

Techniques de méditation

Citation

"L'esprit est Un. Avant d'être mêlé à l'humain, il s'appelle 'esprit du Dao'. Une fois mêlé à la part la moins authentique de l'homme, il s'appelle 'esprit humain'."
Wang Yangming

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