Démystifier la méditation

Entraîner son esprit permet d'optimiser sa santé, explique Matthieu Ricard, scientifique et bouddhiste.

Après avoir fait de la recherche en génie cellulaire, vous avez embrassé le bouddhisme, et vous êtes l'interprète en français du dalaï-lama. Pourquoi avoir consacré un livre à la méditation ?
La méditation, cela ne veut rien dire en soi : on médite sur quelque chose. Ce n'est pas faire le vide dans son esprit, ce n'est pas se relaxer, c'est cultiver, développer certaines aptitudes, certaines facultés.
Ayant vécu quarante ans dans l'Himalaya où j'ai médité 40 000 heures, je me suis retrouvé, en 2000, projeté dans la recherche en neurosciences. Un peu comme un cobaye, pour inspirer d'autres "méditants" à participer à ces recherches, mais aussi en temps que collaborateur, pour étudier ce qui se passe dans le cerveau. L'objectif est de comprendre comment un individu qui a la maîtrise de son esprit va diriger cet esprit, entrer ou sortir de l'état de méditation, focaliser son attention, pendant quarante-cinq minutes, sans être distrait. Le cobaye décrit avec une grande précision ce qu'il a fait. Je vais trois ou quatre fois par an dans les laboratoires, j'ai dû l'équivalent de 200 ou 300 heures d'IRM (imagerie par résonance magnétique). Richard Davidson, un grand scientifique, avec qui ces travaux ont commencé à Madison, dans l'Etat de Wisconsin (Etats-Unis), a tenu à ce que je sois cosignataire du compte rendu pour bien marquer le fait que les méditants sont des collaborateurs à part entière.

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La méditation validée par les neurosciences

Inspirées de la pratique des moines bouddhistes, les techniques méditatives agissent sur le fonctionnement et même sur la structure du cerveau, selon de nouvelles études.

Jusqu’à présent, le bénéfice de la méditation sur le vieillissement avait seulement été suggéré par certains travaux de la Nobel de médecine Elizabeth Blackburn. Une large étude américaine, conduite par l’université californienne de Davis sur 100 individus âgés de 24 à 77 ans, vient de fournir un nouvel argument à cette thèse. Révélée par l’imagerie par résonance magnétique (IRM), l’anatomie comparée du cerveau de la moitié d’entre eux pratiquant régulièrement cette discipline a clairement montré une moindre altération de la matière grise que dans l’autre groupe, étranger à la pratique. Selon les auteurs de l’étude, l’intensité de la méditation stimulerait les dendrites (le prolongement filamenteux des neurones servant à conduire l’influx nerveux) et les synapses (la connexion des neurones entre eux). Cette puissante sollicitation cérébrale agirait également sur le stress, délétère pour les cellules. L’équipe a montré que trois mois intensifs de méditation affectaient significativement l’activité des télomérases, enzymes essentielles à la protection contre le vieillissement cellulaire.

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6 bienfaits qui indiquent que vous devriez essayer la méditation

Les vertus de la méditation ne sont plus à démontrer, mais elle demeure parfois victime d'idées préconçues. Il ne s'agit pas de se couper du monde et de s'asseoir des heures en se vidant l'esprit! Au contraire, la pratique méditative vise à se connecter au monde et à son corps en plus d'accroître notre capacité de concentration, ce qui peut être fort utile à la performance. La méditation a une incidence positive sur...

Le stress et les pensées négatives

La méditation incite à saisir l'instant présent. De cette façon, les gens qui la pratiquent réduisent considérablement leur niveau de stress qui proviennent souvent de projections de ce qui peut mal aller. Savoir gérer et réduire ce stress peut faire une grande différence dans le cadre de votre emploi ou des défis quotidiens. Méditer aide aussi à mieux gérer les échecs et se détacher des pensées négatives pour mieux réessayer et atteindre ses objectifs. Même les personnes sujettes à une grande détresse psychologique ne semblent pas échapper à ces bienfaits!

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Nos états d'âmes modifient notre ADN

A contre-pied du déterminisme implacable du "tout-génétique" de nombreux chercheurs constatent aujourd'hui que nos expériences, nos émotions, nos actions façonnent l'expression de nos gènes en permanence. Si l'on sait depuis longtemps que le stress et les traumatismes psychiques influent â la fois sur les comportements et sur la santé, les récents travaux montrent qu'ils attaquent directement l'ADN.

Violences, mauvais traitements, abus sexuels, abandon et autres traumatismes psychologiques laissent une trace indélébile à l'âge adulte, comme l'avait déjà observé Sigmund Freud il y a plus d'un siècle. Depuis, une multitude d'études cliniques l'ont confirmé: ceux qui ont subi de grands traumatismes dans l'enfance sont globalement plus sujets à la dépression, à la toxicomanie, aux comportements asociaux, mais aussi à l'obésité, au diabiète et aux maladies cardiovasculaires. Pis, ce mal-être s'ancre parfois en nous... avant la naissance! Car d'autres études montrent que les enfants dont la mère a subi un stress psychologique prolongé ou un traumatisme psychique intense pendant la grossesse ont plus de risques que les autres d'être anxieux, dépressif, voire schizophrènes. C'est un fait que la psychologie a établi et qui fait consensus: il existe un lien entre traumatismes psychiques et comportements. Quel lien? Comment des expériences négatives peuvent-elles s'inscrire dans l'organisme, au point d'affecter durablement le comportement ou la santé?

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Prochainement...

Je. 5/10/2017 (19h00-20h30)
Atelier de méditation guidée

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Bienfaits de la méditation

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