Méditation

Le ch'an (prononcer tch'ane), " méditation silencieuse ", transcription en mandarin du sanskrit dhyana, est une forme de bouddhisme mahayana née en Chine à partir du Vème siècle, qui insiste particulièrement sur la méditation, ou " illumination intérieure ". Comme toutes les écoles bouddhistes chinoises, on peut voir dans sa pensée une influence taoïste.

bodhidarmaSous ses multiples formes, il est devenu à partir du IXème siècle une des deux grandes catégories du bouddhisme chinois avec l'école de la Terre Pure (jingtu).
Le ch'an s'est transmis de Chine au Viêt Nam, en Corée et au Japon. C'est sous son nom japonais zen, équivalent du mandarin ch'an, qu'il est le plus connu en Occident.

Origine

La légende de l'origine de la tradition ch'an et de la lignée de ses maîtres remonte à un sermon du Bouddha Shakyamouni1 à ses disciples alors qu'ils étaient réunis sur le mont des Vautours2, relaté dans le Sutra Lankavatara3. Pour tenter d'expliquer un point de son enseignement, il se contenta de cueillir silencieusement une fleur d'udumbara4. Aucun des disciples n'aurait compris le message qu'il tentait de faire passer, à l'exception de Mahakashyapa5, qui aurait souri au Bouddha. Celui-ci lui aurait alors dit devant l'assemblée qu'il lui avait ainsi transmis son trésor spirituel le plus précieux. C'est une préfiguration de la description du ch'an que l’on prêtera à Bodhidharma6 : " Pas d’écrit, un enseignement différent [de tous les autres], qui touche directement l’esprit pour révéler la vraie nature de Bouddha. "

Explications sur le bouddhisme Ch'an par Catherine Despeux7

Catherine Despeux est sinologue française, professeur émérite de l'Institut national des langues et civilisations orientales (INALCO), administratrice de l'Institut d'Études Bouddhiques et écrivain. Elle est notamment connue du grand public pour ses travaux sur le taoïsme et le Taichi Chuan.

Confucius, dit-on, vit le jour le 28 septembre 551 avant notre ère, à Zou, non loin de la ville de Qufu, pays de Lu, actuelle province de Shandong1. Sa mère, Zheng Zai est allée prier sur le mont Qiu et pour cette raison, elle l'appela Qiu. Les historiens chinois, depuis deux mille ans, parlent de ce temps très ancien comme étant celui des « Printemps et des automnes ». Ils font ainsi référence à une chronique racontant ce qui advint, entre 771 et 481 avant J.-C. précisément dans cette région que l'on nommait alors le pays de Lu.

confuciusSelon la tradition, son père, Shu Liang He était le descendant de Yi Yin premier ministre de Cheng Tang fondateur de la dynastie Shang. Il gouverna la principauté de Lu (dans le sud-est de l’actuelle Shandong). A 65 ans, ce dernier épousa en secondes noces, une fille de 15 ans (Zheng Zai). Il mourut alors que Confucius n’avait que trois ans, laissant sa famille dans la pauvreté. Dès l’âge de dix-sept ans, grâce à un goût précoce pour les livres et les rites, Confucius serait devenu précepteur. Il se maria à dix-neuf ans et à vingt ans il eut son premier fils. Il a eu trois enfants (un fils, Kong Li, et deux filles). Pour vivre, il effectuait probablement des tâches administratives pour le chef de province. La légende veut qu’il aurait rencontré Lao Zi (Lao Tseu) en allant consulter des annales, et qu’il en aurait été si fortement impressionné, qu’il n’aurait plus parlé pendant trois jours ou un mois.

Après la mort de sa mère en -527, il enseigna sa connaissance des textes anciens au petit groupe de disciples qui le suivait. Après quelques emplois subalternes à la cour de son prince, il devint alors le Grand Ministre de la Justice de Lu. Ensuite survint l'incident des danseuses, que Confucius déplora longtemps après avoir quitté son prince. En raison de cet incident, il décida de quitter son poste de Ministre et en -496 partit pour quatorze années d’errance, à la recherche d’un souverain capable de l’écouter. Il rentra définitivement à Lu pour se consacrer jusqu’à sa mort, le 11 mai -479, à l’enseignement et à la compilation de textes anciens.

Introduction sur Zhuang Zi (prononcer Tchouang-Tseu), le penseur (du 4e siècle avant J.-C.) le plus profond et le plus singulier que connut la Chine au cours de sa longue histoire. Il est un des maîtres à qui l'on attribue la paternité d'un texte essentiel du taoïsme appelé de son nom - le Zhuangzi - ou encore le « Vrai classique de Nanhua », Nanhuazhenjing.

Emissions sur France Culture sur le taoïsme de Zhuang Zi

(Animé par Jean Levi)

Première partie
Deuxième partie


Peinture chinoise représentant Zhuang Zi

Lao Tseu ou Laozi, signifie « Maître Lao » ou « Vieux Maître ». Il aurait été un sage chinois et, selon la tradition, un contemporain de Confucius (milieu du VIe siècle av. J.-C. – milieu du Ve siècle av. J.-C., fin de la période des Printemps et des Automnes). Il est considéré a posteriori comme le père fondateur du taoïsme.

laozi

Il serait né dans le pays de Chu du royaume des Zhou et serait parti pour une retraite spirituelle vers l’ouest de la Chine actuelle avec une destination inconnue.

Les informations historiques le concernant sont rares et incertaines et sa biographie se développe à partir de la dynastie Han, essentiellement à partir d’éléments surnaturels et religieux ; quelques chercheurs sceptiques estiment depuis la fin du XXe siècle qu'il s’agit d’un personnage fictif et composite, et non proprement historique.

Le Livre de la Voie et de la Vertu ou Dao De Jing (prononcer tao té king) que la tradition lui attribue est un texte majeur du taoïsme, considéré comme important par d'autres courants également. Lao Tseu est considéré par les sectes taoïstes comme un dieu (Taishang Laojun: « Suprême seigneur Lao ») et comme leur ancêtre commun.

Il est représenté comme un vieillard à la barbe blanche, parfois monté sur un buffle.

Le Dao peut être défini comme l’origine et la source permanente d’énergie de l’univers. Il est omniprésent, mais imperceptible, car invisible, incolore, inodore, muet et impalpable.

daoLes premiers chrétiens arrivés en Chine y virent bien entendu une représentation de Dieu. Ils avaient en partie raison dans le sens où Dieu et Dao sont des entités créatrices transcendantales et revêtent le même caractère mystique et sacré.

Il faut toutefois souligner une différence de conception importante chez les Chinois : le Dao n’est pas perçu comme une entité sensible (il n’est ni amour ni haine) ni pensante.

Le Dao n’est pas perçu comme une entité sensible (il n’est ni amour ni haine) ni pensante.

À cet égard, il est indifférent, si tant est qu’il puisse ressentir de l’indifférence, aux vicissitudes de l’homme, qui n’a donc rien à attendre de lui : le Dao ne va pas spontanément au secours de l’homme, en revanche, l’homme peut trouver son salut à travers son union mystique avec le Dao. Alors que l’Occidental se place souvent dans une attitude d’attente ou d’espérance, le Chinois (le Taoïste dans la voie spirituelle, le Confucianiste dans la voie intellectuelle et matérielle) ne compte en général que sur son propre travail et ses propres efforts pour trouver son salut. Autre point intéressant, de convergence et de divergence à la fois : si Dieu est associé au père, le Dao l’est à la mère (" la mère de la myriade des êtres ").