Méditation

Un enseignement de Bagwann Shree Rajneesh
4 octobre 1972, Bombay, Inde.

(...) Méfiez-vous de ce que vous dit votre mental. N'ayez pas trop confiance en lui. Nous ne doutons jamais de lui. On doute de tout et de tout le monde, mais jamais de son esprit.
Même ceux qui parlent tant de scepticisme, de doutes, de raison, même ceux-là ne doutent jamais de leur propre pensée. Et pourtant, c'est bien votre pensée qui vous a mené là où vous êtes. Si votre vie est un enfer, c'est votre mental qui l'a créé. Et pourtant, vous ne doutez jamais de ce guide. Vous doutez de n'importe quel professeur, de n'importe quel maître, mais vous ne doutez jamais de votre mental. Avec une foi indéfectible, vous le suivez comme un guru. Et pourtant, c'est lui qui vous a mené dans le désordre, dans la misère où vous êtes. Si vous voulez absolument douter de quelque chose, doutez donc de votre mental. A chaque fois qu'il vous dit quelque chose, réfléchissez-y à deux fois.

Est-il vrai que vous n'avez pas le temps ? Est-ce vrai ? Vous n'avez vraiment pas le temps de méditer, de consacrer une heure de votre temps à la méditation ? Réfléchissez bien. Demandez-vous "est-ce vraiment le cas ? Je n'ai vraiment pas le temps ?"

Je ne le crois pas. Je n'ai jamais vu quelqu'un qui n'avait pas du temps à revendre. Je vois des gens qui jouent aux cartes en disant, "c'est pour tuer le temps". lls vont au cinéma, et ils disent, "que peut-on faire ?" Ils tuent le temps, bavardent, lisent et relisent le même journal, parlent de choses dont ils ont parlé toute leur vie, et ils disent, "nous n'avons pas le temps". Ils ont pourtant le temps de faire les choses les plus inutiles. Alors ?

MAHARAJ (M) : Tout ce qui arrive dans le monde est dû à la force vitale prana shakti, mais l’Atman1, le témoin, est totalement à part. Aucune action ne peut être attribuée à l'Atman.

Tant que vous n'avez pas compris prana shakti, le souffle vital - dont l’expression est constituée par les quatre types de langage véhiculés par le souffle vital - tant que vous ne l’aurez pas reconnu, vous considérerez comme réalité tout ce que vous présentera l’intellect. Les concepts fournis par l'intellect seront pour vous irrévocables. (...)

VISITEUR (V) : Quels sont les quatre types de langage ?

M : Il y a para (source-conscience), puis pashyanti (émanation des pensées), puis madhyama (formulation en pensées-mots) et vaikhari (explosion du souffle en langage articulé). La personne ordinaire, ignorante, ne connaît pas para et pashyanti qui sont le commencement du processus, ils sont trop subtils. La personne ordinaire commence à participer au niveau madhyama qui est identifié à l'intellect et aboutit aux mots vocalisés, vaikhari.
L'intellect projette mots et pensées et c'est au travers de cela que nous avons fait l'erreur d'échafauder notre identité en tant que “moi” et “mien”, alors que ce qu'il se passe est totalement indépendant de celui qui en est le témoin, c'est la force vitale qui le fait agir. Cette conscience s'est identifiée de façon totalement fausse au corps, aux pensées et aux mots. Elle se considère comme capable de certaines actions ou au contraire d'avoir acquis des mérites à la suite de tel ou tel comportement alors que tout, absolument tout, résulte de l'activité de la force vitale.

Ramana Maharshi est un jñāna-yogin, célèbre guru indien, maître de l'Advaita Vedānta, né le 30 décembre 1879 sous le nom de Venkataramana Aiyer et mort le 14 avril 1950. Son enseignement, dans la tradition de la non-dualité, est essentiellement centré sur la notion du Soi et la question « Qui suis-je ? ». De nombreux hindous le considèrent comme un saint et son rayonnement en Occident fut considérable.

RamanaL'activité mentale n'est rien sauf beaucoup de pensées,
de toutes ces pensées abondantes c'est la pensée "Je"
qui en est la racine. Ainsi, nous voyons par cela que l'esprit
en vérité est seulement la pensée "Je".

D'où donc, cette pensée "Je" prend naissance ?
Avec un esprit vigilant et aiguisé,
cherchez-le, et le "Je-Je" se révélera;
la recherche en elle-même est la quête de la Sagesse.

Cette recherche se poursuit jusqu'à la disparition du "Je",
voilé maintenant, seul brille devant "Je-Je",
la quête est terminée, il n'y a plus rien à trouver,
ceci étant vraiment le SOI Infini.

Ici est l'exposé véritable du terme "Je".
Que dans le sommeil le plus profond
nous ne cessons pas d'être, nous existons toujours
quoiqu'ici, il n'y ait pas le sens de "Je".

NISARGADATTA MAHARAJ (M): Devenez ami avec votre état indifférencié, avec le vrai Soi1. Il n'y a jamais eu de dualité, vous demeurez néanmoins prisonnier de l'illusion de ne pas faire un avec lui.
J'ai compris ma véritable nature, elle est toujours vivante, mais pas de la façon dont tout le monde le croit. Je ne tiens pas à vivre cette vie en m'appuyant sur les connaissances ou les expériences du monde objectif. On me dit que je dois vivre.., vivre ainsi ne m'intéresse pas l Je suis vivant parce que telle est ma nature. C'est là, l'existence est là. Je suis uniquement ici à la suite de cette existence. Mon état véritable - qui est complet, indifférencié - est au delà de la vie et de la mort. Je ne suis jamais contraint par le corps ou l'intellect, je suis sans limites.
Moi, Absolu, n'avait jamais expérimenté le fait d'être vivant et à présent je fais l'expérience "je suis vivant" et celle de tous les problèmes qui en découlent ; une expérience limitée dans le temps et dans l'espace. Mais le jour où j'ai tout compris, j'ai découvert que je n'avais jamais réellement fait l'expérience d'être vivant, que je suis un état bien au delà de l'expérience.
Pourquoi est-ce arrivé? Mon Guru m'a clairement expliqué que le "Je-conscience" est apparu, que ces expériences ont été éprouvées de manière à ce qu'il soit possible de voir la vraie nature du "Je-conscience", d'aller à sa source et de découvrir d'où vient ce "Je".

Ramana Maharshi

Qui suis-je ? est le titre donné à une série de questions et de réponses ayant trait à la recherche du Soi. Les questions ont été posées à Bhagavan Ramana Maharshi par Shrî M. Sivaprakasam Pillai en 1902. Shrî Pillai, diplômé de philosophie, travaillait à l’époque à la section financière du South Arcot Collectorate. Lors d’une visite officielle à Tiruvannamalai (ville du Tamil Nadu, région du sud de l'Inde), en 1902, il monta à la grotte de Virupaksha sur la colline Arunâchala où il rencontra le Maharshi. Il le pria de le guider spirituellement et lui posa des questions concernant la recherche du Soi. Shrî Bhagavan ne parlant pas à cette époque - non pas qu’il ait fait un vœu, mais il n’en sentait pas le besoin - lui répondit par écrit. D’après les notes de Shrî Sivaprakasam Pillai, il s’agissait de treize questions et leurs réponses données par Shrî Bhagavan. Ces notes, publiées par Shrî Pillai en 1923 (en langue tamoule) accompagnées par deux de ses propres poèmes, indiquaient comment, par la grâce de Shrî Bhagavan, ses doutes avaient été dissipés et lui-même sauvé d’une crise existentielle.

Par la suite, le Qui suis-je ? a été publié à diverses reprises. Certaines publications présentent treize questions, d’autres vingt-huit. Il existe aussi une version dans laquelle les questions ne figurent pas et où les réponses sont arrangées sous forme d’essai. La présente traduction anglaise (qui servait aussi à la traduction française) a été Qui suis-je ? est le titre donné à une série de questions et de réponses ayant trait à la recherche du Soi. Les questions ont été posées à Bhagavan Ramana Maharshi faite à partir de cet essai et représente la version de vingt-huit questions et leurs réponses.