Méditation

Longtemps perçue comme une pratique religieuse, voire ésotérique, la méditation a acquis ses lettres de noblesse, et ne cesse de gagner des adeptes. Aujourd’hui, son efficacité en matière de réduction du stress n’est plus à démontrer. Et ses bienfaits dans la prévention et le traitement de plusieurs problèmes de santé – dépression, maladies cardiovasculaires, cancers – sont de mieux en mieux connus, et reconnus.

Quelques 250 hôpitaux et cliniques à travers le monde proposent la méditation comme outil thérapeutique. C’est le cas du Centre ÉPIC, à l’Institut de cardiologie de Montréal, qui offre des ateliers à ses patients depuis 5 ans. Le Dr Robert Béliveau, animateur, explique comment la pratique de la méditation peut aider à rééquilibrer l’organisme, et ainsi, contribuer au bien-être et à la santé.

« On vit dans une culture qui stimule constamment le système nerveux sympathique, le système qui nous aide à repérer les situations de danger, de menace, de risque, et qui nous prépare à l’action, soit à la fuite, soit à la bagarre. Quand on conçoit ce risque, les muscles se tendent, le système cardiaque s’accélère, la tension augmente. Que cette menace soit réelle ou imaginaire, la même réaction va se produire. »
« On a un accélérateur, mais on oublie de peser sur le frein, poursuit le médecin. La méditation agit comme un frein; elle permet de retrouver l’accès au système nerveux parasympathique qui lui, décélère le cœur, ralentit la respiration, dilate les artères, etc. La méditation agit comme un repos; elle donne un temps d’arrêt pour réduire cette tension constante et continue, cette course dans laquelle on est embarqué comme culture. »

Beaucoup de patients victimes d'une dépression souffrent de récidives. Des chercheurs du Centre de toxicomanie et de santé mentale de Toronto (Canada) montrent que la méditation de pleine conscience est aussi efficace que les antidépresseurs pour prévenir ces rechutes.

MéditationCette équipe de psychiatres et de psychothérapeutes publie le résultat de ses travaux dans la revue Archives of General Psychiatry. Dans un premier, ils ont réuni un panel de 84 patients, âgés de 18 à 65 ans, en phase de rémission d'une dépression. Ils devaient avoir connu au moins deux épisodes dépressifs au cours des dernières années, mais ne plus présenter de symptômes depuis au moins sept mois. Dans un premier groupe, les antidépresseurs ont été remplacés par une prise en charge reposant sur la méditation de pleine conscience : reconnaissance de ses émotions - tristesse, rumination, évitement... - et des éléments déclencheurs d'une rechute dépressive.

Pour le deuxième groupe, les antidépresseurs classiques ont été maintenus, alors qu'un placebo leur a substitué dans le troisième. Résultat : le taux de récidive de la dépression, sur une période de dix-huit mois, s'établit à 27% parmi les patients sous antidépresseurs, à 28% dans le groupe « méditation », et à 71% pour les « placebos ». Les auteurs précisent que la méditation de pleine conscience ne peut pas être considérée comme un traitement contre la dépression, mais d'une alternative intéressante pour éviter une rechute.

Source: Le Soir - 21 mars 2011

Avec le progrès des psychologies, et notamment de la psychologie transpersonnelle, les Occidentaux commencent à comprendre l’avantage de pratiquer la méditation pour s’assurer une bonne santé mentale.

Entretien avec Tulkou Thondoup Rinpotché

tulkou-thondoup-rinpotcheNé dans une tribu d’éleveurs nomades du Tibet oriental, Tulkou Thondoup Rinpotché reçut une éducation faite d’étude des textes sacrés, de prière et de méditation, avant d’être, à l’âge de dix-huit ans, totalement déraciné par l’invasion chinoise. Fuyant tout d’abord aux Indes, et s’installant par la suite aux Etats-Unis, Tulkou Thondoup oublia peut-être la discipline monastique, mais certainement pas l’expérience de la paix qu’il avait éprouvée durant son enfance et qui lui permit de traverser les épreuves les plus rudes sans jamais mettre en péril l’harmonie régnant dans son esprit.

Jean-Claude Cartier: Avec le progrès des psychologies, et notamment de la psychologie transpersonnelle, les Occidentaux commencent à comprendre l’avantage de pratiquer la méditation pour s’assurer une bonne santé mentale. Mais ils éprouvent sans doute encore quelque difficulté à imaginer que cette même méditation puisse avoir un quelconque retentissement sur leur santé physique. Comment leur démontrer le pouvoir de l’esprit dans les processus de guérison du corps ?

Effectivement, le pouvoir de l’esprit est énorme; et la méditation, ou la prière, peuvent nous guérir physiquement, ou en tout cas avoir une grande influence sur la guérison.
Et ce n’est pas seulement là une façon de parler, mais bien une certitude dans la tradition du bouddhisme tibétain où la guérison par l’esprit fait partie de notre façon de vivre.
Ainsi, lorsque quelqu’un est malade, au Tibet, il va d’abord consulter un lama, afin qu’il lui indique une pratique de méditation. Et ce n’est qu’ensuite qu’il ira voir son médecin.

Il n'est pas nécessaire d'être un adepte de la méditation depuis plusieurs années pour en tirer des bénéfices contre la douleur.

Le Dr Fadel Zeidan1 et ses collègues de l'Université de médecine de Wake Forest Baptist Médical Center en Caroline du Nord ont montré " qu'un peu plus d'une heure d'entraînement peut fortement réduire la douleur ainsi que l'activation des centres cérébraux qui en sont responsables ".

Selon le Dr Zeidan, principal auteur de l'étude, ses travaux sont les premiers à démontrer les bienfaits de la méditation contre la douleur chez les débutants.

" Nous avons constaté un important effet de la méditation sur les sujets de l'étude avec une diminution d'environ 40 % de l'intensité de la douleur et de 57 % de l'inconfort lié à la douleur", assure le Dr Fadel Zeidan

Selon le chercheur, la méditation produirait même " une plus grande réduction de la douleur que la morphine ou d'autres analgésiques, qui en diminuent l'intensité d'environ 25 % ".

Plusieurs études ont démontré que la méditation peut avoir des effets bénéfiques sur la santé. Une équipe internationale de scientifiques a mené une nouvelle étude afin de mieux comprendre comment cette pratique spirituelle peut agir au niveau physique.

Largement inspirée du bouddhisme, la méditation en "pleine conscience" consiste à focaliser pleinement son attention sur le moment présent et les sensations ressenties. Si elle souffre encore de certains clichés, cette pratique rencontre aujourd'hui de plus en plus de succès, à tel point qu'elle est même utilisée par certains dans le milieu médical. Il n'a donc pas fallu attendre longtemps pour que les chercheurs se penchent sur son efficacité et les bienfaits qu'elle peut avoir.

Plusieurs études ont ainsi démontré que la méditation était pleinement efficace contre le stress et pouvait par là même éviter certains troubles comme l'hypertension artérielle. D'autres recherches ont également montré qu'elle avait des effets anti-inflammatoires évidents. Des résultats qui ont poussé l'American Heart Association à l'approuver en tant que pratique préventive. Mais comment la méditation agit-elle sur notre organisme ?